Le procès de Lamine Diack renvoyé à juin: Les détails

Lamine Diack, président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) de 1999 à 2015, devait être jugé à partir d’aujourd’hui pour corruption et blanchiment aggravé pour avoir couvert des cas de dopage d’athlètes russes. Mais un problème de procédure le repousse de six mois.

Fiasco procédural. Le procès de Lamine Diack, président omnipotent de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) de 1999 à 2015, qui devait être jugé à partir de ce lundi pour corruption et blanchiment aggravé, a été reporté au mois de juin. Il devait y être essentiellement question du dopage d’Etat en Russie et de la mansuétude des autorités sportives qui auraient monnayé leur indulgence. Manquait à la barre Papa Massata Diack (PMD), fils de son père, qui faisait office de directeur marketing sans en avoir le titre officiel, et était surtout en charge de toutes les sombres manœuvres financières, cash ou offshore.

Réfugié à Dakar (le Sénégal refuse de l’extrader, en dépit d’une commission rogatoire du juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke suivie d’un mandat d’arrêt international lancé en décembre 2015), il n’a pu être entendu durant l’enquête pénale française. C’est donc par défaut qu’il devait être jugé à Paris. Sauf que la justice sénégalaise s’est réveillée dans la dernière ligne droite : après de multiples prétextes administratifs plus exotiques les uns que les autres, elle s’était finalement décidée à auditionner PMD localement, en novembre.

Pataquès

Mais son procès-verbal n’a été réceptionné que lundi matin par le tribunal de grande instance parisien théoriquement chargé de le juger à distance. Mystère de la valise diplomatique… D’où la nécessité du report du procès, afin que toutes les parties, les trois prévenus à la barre (l’ex-président Diack, un médecin et un avocat français de la Fédération mondiale d’athlétisme) mais aussi les trois parties civiles (l’IAAF nouvellement présidée, le Comité international olympique et l’Agence mondiale antidopage) puissent contradictoirement en prendre connaissance.

La justice russe avait été moins perverse avec son homologue française. Elle non plus n’extrade pas ses ressortissants : dans le cas d’espèce, Alexeï Melnikov, ancien entraîneur national des coureurs de fond, et Valentin Balakhnitchev, ancien président de la Fédération russe d’athlétisme (ARAF), devaient eux aussi être jugés par défaut à Paris. Mais le parquet de Moscou les avait quand même auditionnés localement, leur PV étant transmis à Paris sous délais respectable. Le pataquès sénégalais souligne toute la difficulté procédurale de juger dans un seul pays un fléau planétaire.