Gambie: Singhateh, ancien membre-clé de la junte militaire, nie avoir tué

Edward Singhateh a témoigné deux jours de suite devant la Commission vérité. C’est l’un des cerveaux du coup d’État de 1994 et une figure du régime de Yahya Jammeh.

La Commission vérité s’est longuement penchée sur le massacre du 11 novembre 1994. Au moins onze soldats ont été exécutés, accusés de préparer un coup d’État.Témoin direct, Edward Singhateh nie avoir tué les soldats.

Dans toute sa carrière militaire, Edward Singhateh se souvient d’avoir tiré sur une seule personne. Et encore, un tir défensif pour neutraliser un soldat, mais sans le tuer.

Deux témoins de premier plan se souviennent pourtant de lui dans un peloton d’exécution. Ils ont attesté de sa participation à l’exécution de soldats accusés de préparer un coup d’État en novembre 1994.

Edward Singhateh : « Non je ne leur ai pas tiré dessus.

Avocat : Votre commandant dit que vous avez tiré.

– Monsieur, comprenez-moi bien. À mon sens ce n’est pas pertinent de savoir si oui ou non j’ai ouvert le feu du moment où j’étais présent et j’ai participé, j’assume mes actes et je suis autant responsable que si j’avais tué ces deux officiers.

– Vous acceptez une responsabilité collective mais nous niez une participation directe », s’est agacé à plusieurs reprises l’avocat général.

En deux jours d’audience, Edward Singhateh a rejeté toutes les accusations de torture ou d’exécutions sommaires qui ont été formulées à son encontre.

« Je n’essaie pas de me faire passer pour un ange » s’est défendu Edward Singhateh sans hausser le ton. Toujours aimable et serviable, c’est avec plaisir qu’il reviendra lundi prochain pour une audition supplémentaire.