« Le Royaume‑Uni a été construit pour un climat qui n’existe plus aujourd’hui et qui s’éloignera de plus en plus au fil des années à venir », a déclaré le Climate Change Committee, l’organisme indépendant chargé de conseiller le Royaume‑Uni sur le changement climatique, dans un nouveau rapport majeur.
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Les logements britanniques devront être équipés de la climatisation pour survivre aux niveaux de réchauffement prévus, avertit un rapport important.
On estime qu’environ 4 millions de logements au Royaume‑Uni disposent aujourd’hui de la climatisation, soit le double du chiffre enregistré il y a trois ans, selon le Guardian. Mais ce n’est pas suffisant pour protéger les habitants face à une montée rapide des températures et à des vagues de chaleur devenant plus fréquentes et intenses, a indiqué le Climate Change Committee dans le rapport.
Le Comité estime qu’environ 92% des logements existants risquent de surchauffer lors d’une vague de chaleur, une menace qui pèse de manière disproportionnée sur les personnes les plus vulnérables face à la chaleur. Parmi elles figurent les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, ainsi que ceux vivant dans des habitats inadéquats ou mal ventilés. « Le Royaume‑Uni a été construit pour un climat qui n’existe plus aujourd’hui et dont la distance se creusera au fil des années », indique le rapport, qui invite le pays à se préparer à des niveaux de réchauffement de 2 °C au‑dessus du niveau préindustriel d’ici le milieu du siècle. Le monde est actuellement sur la trajectoire d’un réchauffement compris entre 2,6 et 3,1 °C au cours de ce siècle, selon les estimations des Nations unies.
Assurer la sécurité des populations et réduire les taux de mortalité liés à la chaleur exige d’intensifier les dispositifs de refroidissement dans les bâtiments, à la fois par des mesures actives, comme l’installation de systèmes de climatisation, et par des mesures passives, telles que l’ombrage naturel, selon le rapport. Cela vaut tout particulièrement pour les logements des particuliers, les établissements de soins et les hôpitaux.
Le Comité a exhorté le gouvernement à installer la climatisation dans tous les établissements de soins et les hôpitaux d’ici la prochaine décennie, puis dans tous les établissements scolaires d’ici 25 ans. Il a également recommandé de créer au moins une pièce fraîche dans au moins 30% des foyers urbains les plus vulnérables.
Étant donné l’empreinte environnementale lourde des systèmes de climatisation, les pompes à chaleur, qui assurent à la fois le chauffage et le refroidissement à faible émission de carbone, devraient être envisagées particulièrement dans les constructions neuves, précise le rapport. Cependant, les pompes à chaleur sont rarement installées au Royaume‑Uni pour plusieurs raisons — coûts initiaux élevés malgré les subventions publiques, prix de l’électricité élevé par rapport au gaz qui accroît les coûts de fonctionnement, et absence de l’isolation nécessaire pour que ces systèmes fonctionnent efficacement, notamment dans les maisons anciennes.
Les personnes privées d’accès à la climatisation — une part importante de la population mondiale — sont particulièrement exposées lors des épisodes de chaleur extrême. Alors qu’environ 90% des ménages américains et 60% des ménages chinois disposent d’un système de climatisation, ce chiffre est inquiétantement plus faible dans les zones qui se réchauffent rapidement comme l’Europe (10%) et l’Inde (8%), pays le plus peuplé du monde. En Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, ces nombres sont encore plus bas.
Chaleur « étonnante »
Le Royaume‑Uni vit actuellement une vague de chaleur exceptionnellement précoce qui bat des records. Le pays a établi un nouveau record quotidien de chaleur pour le mois de mai lundi et de nouveau mardi, les températures atteignant 35,1 °C à Londres. Le record du plus haut minimum quotidien en mai a également été provisoirement dépassé pour une troisième nuit consécutive mercredi, a indiqué le Met Office.

Le changement climatique augmente de manière spectaculaire la fréquence des températures élevées extrêmes au Royaume‑Uni, selon le service météorologique national. Des pics de 30 °C autrefois rares dans le pays, et extraordinairement rares en mai — n’étaient atteints que quelques fois depuis 1900. En décembre, le Met Office a averti que 2026 sera probablement l’une des quatre années les plus chaudes jamais enregistrées dans le pays.
« Cette chaleur battant des records porte les traces du changement climatique », a déclaré Friederike Otto, professeure de sciences climatiques à l’Imperial College London. « Voir 35 °C au Royaume‑Uni au printemps est absolument surprenant, mais la science est très claire – le changement climatique rend ces vagues de chaleur plus chaudes, plus longues et bien plus fréquentes », a ajouté Otto, soulignant que de telles températures « étaient autrefois exceptionnelles même au milieu de l’été ».