Où l’air est le plus pur ? Classement européen 2026 récompense deux villes italiennes

Il ne suffit plus de savoir combien de particules fines nous respirons. Pour comprendre vraiment à quel point l’air d’une ville est sain — et malsain — il faut prendre en compte un ensemble de polluants, et surtout leur impact sur la santé de ceux qui y vivent.

C’est le principe à la base du nouveau classement européen de la qualité de l’air dans les villes, mis à jour par l’Agence européenne pour l’environnement (EEA), qui compare 761 centres urbains européens sur la base du risque de mortalité associé à une exposition prolongée à trois des principaux polluants atmosphériques: PM2,5, le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone troposphérique (O3).

Une photographie bien plus large que par le passé, qui confirme une donnée désormais difficile à ignorer: malgré les progrès accomplis au cours des trente dernières années, la pollution atmosphérique continue de représenter un risque pour la santé dans la majorité des villes européennes.

Jusqu’en 2025, le classement de l’EEA prenait en compte essentiellement les concentrations moyennes de PM2,5 enregistrées par les stations de surveillance urbaines et suburbaines. Cela permettait d’inclure environ 372 villes et offrait inévitablement une vision partielle du problème. Aujourd’hui, la méthodologie a changé et les villes sont classées sur la base du risque combiné de mortalité associé à l’exposition à long terme à PM2,5, NO2 et ozone, en prenant en compte les données des deux années solaires précédant la publication.

L’analyse utilise également des données modélisées sur des cartes d’une résolution de 1 × 1 kilomètre, afin d’estimer l’exposition de la population même dans les villes où il n’existe pas de stations de détection pour chaque polluant individuel.

En d’autres termes, la question n’est plus seulement : « Dans quelle ville y a-t-il le moins de particules fines ? », mais : « Où l’exposition globale à la pollution entraîne le risque sanitaire le plus bas ? »

Le classement des villes

Les 761 villes sont classées en dix catégories, correspondant à autant de déciles de risque. Dans la catégorie 1 figurent les 10 % de villes présentant le risque total de mortalité le plus faible (flèche bleu foncé), tandis que dans la catégorie 10 se trouvent les 10 % ayant les valeurs les plus élevées.

Pour chaque centre urbain, il est possible de consulter le classement global, les indicateurs individuels relatifs au PM2,5, NO2 et ozone, les concentrations pondérées par la population et les données démographiques.

Parmi les capitales européennes, dans la mise à jour 2026 sont :

@EEA

Cependant, certaines villes de l’Europe méridionale ont toutefois montré des améliorations significatives par rapport aux mises à jour précédentes. Parmi elles, l’EEA signale Catanzaro, ainsi que Saragosse en Espagne, Valongo au Portugal et Rijeka en Croatie.

Les villes italiennes les mieux classées

Avant Catanzaro, il y a deux villes sardes:

Et ensuite, avec le meilleur score :

città inquinamento

@EEA

Et les cinq pires

Les cinq dernières villes italiennes au rang le plus défavorable sont:

qualità aria italia

@EEA

Pourquoi l’exposition à long terme compte surtout

La classification vise quelque chose de plus profond: l’air que nous respirons jour après jour pendant des années.

Selon l’OMS, c’est précisément l’exposition prolongée à la pollution atmosferique qui produit les effets sanitaires les plus graves. C’est pourquoi l’EEA concentre son classement sur le risque lié à l’exposition chronique et non sur les fluctuations d’une seule journée. (Agence européenne pour l’environnement)

Aux côtés du classement, l’agence a également réalisé un visualiseur des tendances qui permet d’observer comment les concentrations de PM2,5, NO2 et d’ozone ont évolué au fil du temps dans les villes, en utilisant les données officiellement communiquées par les pays européens. La série actuellement disponible va de 2013 à 2024. (Agence européenne pour l’environnement)

Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.