PFBA, TFA et d’autres composés de la famille des PFAS dans les sols touchés par les chantiers du train à grande vitesse à Vicenza. Quatre prélèvements indépendants, réalisés cet été sur ordre de l’assemblée des activistes des I Boschi che Resistono ont été confiés à un laboratoire accrédité.
Deux des quatre échantillons auraient révélé des valeurs que les activistes qualifient de « significatives » : l’un a été prélevé dans la zone de Ca’ Alte, dans le quartier Ferrovieri, où le projet TAV prévoit la réalisation d’un nouveau franchissement ferroviaire; l’autre se trouvait sous le franchissement ferroviaire Ferreto de’ Ferreti, destiné à la démolition.
Ces données, à elles seules, ne suffisent pas à établir ni l’étendue de la contamination ni son origine. Et les mêmes comités le précisent: les prélèvements indépendants « ne remplacent pas une caractérisation officielle des terrains ». Mais il est évident qu’ils peuvent soulever une question difficile à ignorer, surtout ici, dans ce territoire qui cohabite avec les PFAS depuis des années.
Ce qui a été trouvé dans les échantillons
Selon les résultats diffusés par les Boschi che Resistono, dans le sol prélevé à Ferreto de’ Ferreti, ont été détectés :
Dans l’échantillon de Ca’ Alte, en revanche :
Ce sont des données à vérifier par des échantillonnages institutionnels, certes, mais qui, selon les comités, mettent en évidence un vide: dans les contrôles prévus sur les terres et roches d’excavation du projet TAV, les PFAS n’auraient pas été recherchés.
Le précurseur de la Pedemontana
Dans le Vicentin, déjà lors des travaux de la Superstrada Pedemontana Veneta, l’ARPAV avait identifié des PFBA dans les eaux usées du chantier de la galerie de Malo. Dans une réponse officielle de 2021, la Région Veneto expliquait que les éléments recueillis par l’ARPAV ne permettaient pas d’exclure une corrélation entre les activités de chantier et les concentrations élevées de PFBA détectées. Il a donc été demandé des approfondissements et des interventions sur le système d’épuration des eaux.
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En outre, quant à la présence de PFAS dans les eaux souterraines de la zone des travaux ferroviaires, en 2025 une surveillance pré-opérationnelle dans la zone de la gare de Vicenza avait déjà détecté dans la première nappe plusieurs composés fluorés, dont le PFOA et le GenX.
Ainsi, selon les Boschi che Resistono, le projet TAV prévoit la manutention de plus de 1,5 million de mètres cubes de terrain, dont une partie serait réutilisée même en dehors des zones de chantier. Si la présence de PFAS était confirmée sur des portions plus vastes du terrain, il s’agirait d’éviter d’urgence que l’excavation, le transport et la réutilisation ne deviennent un nouveau vecteur de dispersion.
D’où la demande du Coordinamento Ambiente Salute TAV d’une caractérisation plus poussée des terres et roches d’excavation et de l’introduction de déclarations « PFAS-free » pour les produits utilisés sur les chantiers.
Dans un territoire déjà marqué par l’affaire Miteni et les controverses sur les PFAS de la Pedemontana, déplacer des millions de mètres cubes de terrain sans savoir avec suffisamment de précision ce qu’ils contiennent serait au moins imprudent. Et ici le principe de précaution n’est pas un slogan écologiste: il s’agit simplement de connaître avant de creuser.
Les analyses indépendantes posent donc une grosse question. Désormais, il appartient aux institutions de vérifier ces données et de dire, à travers des échantillonnages publics et transparents, ce qu’il y a vraiment sous les chantiers de la TAV à Vicenza.