À Paris, une salle de sport pour les sans-abri : le sport devient un outil d’inclusion sociale

Faire de l’activité physique ne devrait pas être un privilège. Or, pour des millions de personnes en Europe, l’accès au sport demeure entravé par des obstacles économiques, sociaux et logistiques. C’est à partir de cette prise de conscience qu’un nouveau projet a vu le jour à Paris, où une salle de sport en plein air a été installée au sein d’un centre d’accueil pour personnes sans domicile, dans le but de rendre l’exercice physique accessible même à celles et ceux qui vivent dans des conditions de forte vulnérabilité.

L’initiative résulte de la collaboration entre l’association française Emmaüs Solidarité et l’entreprise finlandaise Omnigym, spécialisée dans la conception d’équipements sportifs destinés à des espaces publics. Dans le centre d’accueil parisien, situé boulevard Pereire, quatre appareils de fitness en plein air ont été installés et mis à disposition des 209 résidents de l’établissement, hommes et femmes.

Le sport comme droit, non comme luxe

Selon un récent Eurobaromètre cité par les promoteurs du projet, 45 % des Européens ne pratiquent jamais d’activité physique ni de sport. Un chiffre qui devient d’autant plus préoccupant parmi les couches sociales les plus défavorisées. L’Organisation mondiale de la Santé souligne également que la sédentarité est particulièrement répandue chez les personnes qui vivent dans des conditions d’exclusion économique et sociale.

Pour cette raison, le projet vise à faire tomber une barrière souvent négligée : l’accès à l’exercice physique.

« L’accès à l’activité physique ne devrait pas dépendre du revenu ou des circonstances personnelles. Nous voulons démocratiser l’entraînement et le rendre accessible à tous. Cette initiative répond à un besoin qui est trop souvent ignoré », a déclaré Kirsti Laasio, directrice générale d’Omnigym.

Paris, laboratoire d’inclusion urbaine

palestra parigi

Le choix de Paris n’est pas fortuit. Ces dernières années, la capitale française est devenue un repère pour les politiques urbaines axées sur la qualité de vie, la santé publique et l’inclusion sociale. Il suffit de penser au modèle de la « ville du quartier d’heureux » — ou « ville du 15 minutes » — qui vise à garantir aux citoyens l’accès aux services essentiels à proximité de chez eux.

Dans ce contexte, placer des structures sportives gratuites au sein d’un centre pour personnes sans domicile représente une étape supplémentaire vers une ville plus inclusive, où le bien-être physique est reconnu comme faisant partie intégrante du droit à la santé.

Bien-être physique et dignité

L’initiative va au-delà du simple entraînement. Pour celles et ceux qui vivent une situation de marginalité, pratiquer le sport peut contribuer à améliorer non seulement la santé physique, mais aussi l’estime de soi, la socialisation et le bien-être mental. Des éléments fondamentaux dans les parcours de réinsertion sociale.

Le projet parisien pourrait devenir un modèle reproductible dans d’autres villes européennes, démontrant comment des interventions relativement simples peuvent générer un impact concret sur la qualité de vie des personnes les plus fragiles. À une époque où l’on parle de plus en plus d’inclusion et du droit à la ville, une salle de sport en plein air peut se transformer en quelque chose de bien plus grand : un espace de dignité, de santé et d’opportunités pour tous.

Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.