Algérie: près de 200 incendies, environ 70 morts et des dizaines de blessés graves

Mentre les caméras internationales semblent regarder ailleurs, un drame qui se joue dans le silence est en train de dévorer l’est de l’Algérie et les montagnes de la Kabylie. Une catastrophe environnementale et humaine d’une ampleur immense dont presque personne ne parle. Près de 200 incendies ont touché la végétation, portés par des températures infernales et les rafales continues du vent de sirocco. Le bilan, tragiquement provisoire, fait déjà état d’au moins 69 victimes avérées, réparties entre 28 soldats de l’armée envoyés au front et 37 civils, sans oublier des dizaines de blessés graves qui inondent les établissements médicaux.

Le drame de l’hôpital d’El Milia et des provinces assiégées

Le cœur de l’urgence se situe dans la wilaya de Jijel, où l’hôpital de la ville d’El Milia se voit confronté à une véritable marée de brûlés et d’intoxiqués. Juste à la porte de l’établissement, un nouveau foyer s’est déclenché, tandis que les flammes ont pénétré les limites urbaines des communes d’El Ansar, El Djemaa, Beni Habibi et Belhadf Sidi Maarouf. Des situations extrêmes se vivent également dans les wilayas de Béjaïa, Skikda, El Tarf, Tizi Ouzou, Annaba et Guelma, obligeant des milliers de familles à l’évacuation immédiate face à l’avancée inexorable du feu.

La réponse aérienne et l’intervention internationale de Emmanuel Macron

Pour contenir ce désastre, les secours algériens ont déployé une véritable flotte d’intervention. Parmi les moyens aériens figurent d’imposants hélicoptères Mi-26, des avions de reconnaissance AT-802 et des appareils amphibies BE-200. Sur les 193 foyers recensés, la Protection civile a réussi à en éteindre 147, mais 46 foyers continuent de ravager la végétation et de menacer les communautés. Face à cette escalade, le président français Emmanuel Macron a envoyé deux Canadair bombardiers d’eau et un avion de commandement pour soutenir la flotte locale afin de contenir les flammes dans les zones montagneuses à l’est d’Alger.

Deuil national décrété par Abdelmadjid Tebboune pour la tragédie de la Kabylie

Face à une perte de vies humaines sans équivoque, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a décrété trois jours de deuil national à compter de jeudi afin d’accompagner la douleur des familles frappées. La majorité des victimes ont perdu la vie dans leur tentative désespérée de protéger les villages perchés sur les sommets de Tizi Ouzou, dans cette région kabyle qui porte une longue histoire de défis. Alors que les opérations d’extinction et de surveillance se poursuivent, tout le bassin méditerranéen traverse l’un des chapitres les plus sombres de cet été.

Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.