Plus de 35 °C en mai : premiers décès liés à la chaleur extrême, le dôme de chaleur fait basculer l’Europe

Le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF) l’avait annoncé : El Niño reviendra très bientôt, provoquant des températures records dans les océans. Et l’Italie pourrait aussi être confrontée, avant même que l’on ne l’imagine, à un été anticipé et bien plus chaud et à des phénomènes météorologiques extrêmes.

Et c’est ainsi que cela s’est produit et nous l’avons vu pendant le week-end écoulé, avec des pics qui, sur l’ensemble de la péninsule, ont frôlé les 35 degrés, bien au-delà de la moyenne de fin mai.

Selon le Centre Météo Italien, un vaste champ de haute pression domine le continent, avec des valeurs au sol atteignant 1030 hPa dans les secteurs centraux du Vieux Continent. En clair, une véritable “bulle” d’air chaud qui continuera à stagner sur l’Europe, surtout dans les zones occidentales, provoquant des températures bien au-delà de la moyenne saisonnière. Dans certaines zones les anomalies thermiques pourraient toucher jusqu’à +10°C par rapport aux valeurs typiques de la période, et cette situation pourrait durer encore plusieurs jours.

View this post on Instagram

Et, évidemment, l’Italie sera également touchée par cette vague de chaleur anormale, en particulier les régions du Centre-Nord, où les températures maximales continueront de dépasser aisément les 30°C, avec un climat qui rappellera davantage le début de juillet que la fin mai.

Caldo record aussi en Grande-Bretagne et en France

La vague de chaleur anormale qui s’empare de l’Europe fait aussi enregistrer des températures exceptionnelles au Royaume-Uni, où la chaleur a battu des records jamais atteints auparavant au mois de mai : selon le Met Office, à Heathrow, on a atteint 33,5°C, dépassant l’ancien record mensuel historique. Plus impressionnant encore est le chiffre des températures nocturnes : à Londres, le minimum n’est pas descendu en dessous de 19,2°C, une valeur jamais enregistrée en plus d’un siècle de relevés pour cette période de l’année.

View this post on Instagram

Les experts britanniques soulignent que des records de ce type sont habituellement battus de quelques dixièmes de degré, tandis que cette fois le saut thermique a été exceptionnel. Des températures similaires, en effet, sont typiques du plein été et non pas du printemps avancé. Le Met Office prévoit en outre des pics dépassant les 34°C, bien au-delà du précédent record de 32,4°C remontant même à 1922.

La France aussi est confrontée à une chaleur hors saison. Les hautes températures ont eu des conséquences dramatiques lors de certaines compétitions sportives en plein air : un coureur de 53 ans est mort et plusieurs autres participants ont été hospitalisés pour des malaises liés à la chaleur. Et non seulement : la porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, a récemment évoqué « sept morts », dont « au moins cinq noyades », liées à la vague de chaleur.

Dans de nombreuses villes françaises, les autorités sanitaires ont invité la population, surtout les personnes âgées, les enfants et les personnes fragiles, à limiter les activités durant les heures les plus chaudes et à accorder une attention particulière à l’hydratation.

Les événements extrêmes

À cet égard, selon les nouvelles données 2026 de l’Observatoire Ville Climat de Legambiente, en Italie, depuis le début de 2026 jusqu’en mai, 82 événements météorologiques extrêmes ont été enregistrés. Parmi les plus répandus: inondations dues à de fortes pluies (22), dégâts causés par le vent (20), 14 dommages dus aux tempêtes marines et aux crues fluviales (11).

Plus de 2 milliards d’euros, telle est l’estimation globale des dégâts causés en Italie par le cyclone Harry, parmi les épisodes les plus graves de ces dernières années et qui en 2026 a touché la Sicile, la Calabre et la Sardaigne. Le cyclone s’est aussi abattu sur une grande partie des côtes de la Méditerranée, provoquant dix victimes parmi l’Espagne, la Grèce, la Tunisie et l’Algérie; et il a aussi contribué au naufrage et à la mort d’un nombre compris entre 380 et 1000 migrants partis de Libye et de Tunisie.

Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.