Du 13 au 14 juin, sur une grande partie de la péninsule, le thermomètre dans le Centre-Nord ne descend plus en dessous de 30°C, et selon les projections du modèle européen ECMWF, ce seuil restera sans interruption au moins jusqu’aux premiers jours de juillet. C’est l’élément qui, selon Luca Lombroso sur le portail Meteored, met en évidence ce qui pourrait se révéler être une vague de chaleur historique, non pas tant pour les pics absolus, qui ne manqueront pas, que pour sa durée.
Pourquoi fait-il aussi chaud ?
Plusieurs facteurs poussent l’air brûlant vers la péninsule. Un grand anticyclone se consolide sur l’Europe centre-ouest, avec un maximum de 1025 hPa prévu pour dimanche entre les Alpes et le Nord de l’Italie. En altitude agissent la coupole subtropicale de l’anticyclone africain et une faible dépression à l’ouest de l’Espagne, tandis que la subsidence chauffe davantage les masses d’air par compression. On y ajoute aussi l’astronomie, puisque dimanche 21, jour du solstice, le soleil atteindra sa hauteur maximale de l’année à nos latitudes.
Vendredi chaud, orages confinés aux montagnes
Dès vendredi 19, le tableau est celui d’une journée pleinement estivale sur toute l’Italie. Les cumulus restent confinés aux zones montagneuses, où se déclenchent des orages de chaleur d’origine orographique sur les Alpes et l’Apennin nord, par moments forts mais de courte durée. Les minimales ne descendent pas: nuit tropicale dans presque toutes les villes, au-delà de 20°C, avec des maxima diurnes entre 36 et 38°C au Centre-Nord et des valeurs plus contenues, autour de 30-34°C, au Sud.
Le week-end du solstice, entre torride et air lourd
Le week-end du solstice apporte une chaleur que l’on peine à qualifier de beau temps. ECMWF estime 36-38°C entre samedi et dimanche, même si le modèle allemand ICON n’exclut pas des pointes à 40. Là où l’on atteindra les 38-39°C, comme à Turin et à Bologne, l’humidité restera autour de 40% et ce qui pèsera ce seront plutôt les stratifications en altitude et un léger apport de poussière désertique. Là où le thermomètre se situera autour de 35-36°C, de Pérougie à Vérone, l’humidité plus élevée transformera la chaleur en véritable canicule.
Orages « secs » et rafales improvises
C’est un détail technique qui explique la nature de ces orages. Le profil vertical de l’atmosphère présente une température convective autour de 36°C: au-delà de ce seuil, la convection s’autoalimente, mais l’air sec et chaud maintient la base des nuages assez haute. Il en résulte des orages de chaleur « secs », brefs et isolés, avec peu de pluie et des virga spectaculaires, ces voiles de précipitation qui s’évaporent avant de toucher le sol. À ne pas sous-estimer les rafales descendantes des dry microburst, localement intenses. Dimanche, la chaleur pourrait favoriser de petits cumulonimbus sur la Plaine du Pô bouillante.
Le début de la semaine ne cède pas
Le début de la semaine suivante ne change rien à l’essentiel. Sur la chaleur intense et persistante, les modèles sont d’accord; l’incertitude porte sur les dixièmes. ECMWF, par instants, affiche des maximales presque invraisemblables, entre 39 et 40°C pendant quatre ou cinq jours d’affilée au Centre-Nord, avant de les redimensionner légèrement vers 36-38°C de lundi à mercredi, avec une hypothèse de fléchissement jeudi autour de 32-34°C. ICON, de son côté, insiste sur 38-40°C au moins jusqu’à mercredi. Dans les deux cas, il s’agit de quatre ou cinq jours consécutifs de températures dignes de la fièvre.
Combien de temps cela durera
Alors, combien de temps cela durera ? Cela dépend aussi de la définition d’une vague de chaleur. Si le critère est le nombre de jours avec des maximales supérieures à 30°C, ce seuil est déjà dépassé chaque jour dans le Centre-Nord depuis la mi-juin, et selon ECMWF il le restera sans interruption jusqu’aux premiers jours de juillet. De véritables intrusions orageuses ou rafraîchissements, qui en été reviendraient toutes les six à huit jours, ne se manifesteront pas pendant au moins douze à quatorze jours. Les groupes d’ensembles (clusters) s’accordent également sur le moyen terme, et personne ne prévoit de basculement. Le doute, écrit Lombroso, n’est pas de savoir s’il fera chaud mais combien il sera extrême.