L’Oasis de Bibione bannit les machines et embauche six poulains pour entretenir 10 hectares de prairies

Une rupture historique redéfinit la gestion du patrimoine naturel du Veneto, transformant une station balnéaire renommée en un modèle de durabilité étudié à l’échelle européenne. À l’Oasis Naturelle Val Grande de Bibione, les machines agricoles et les tondeuses mécaniques prennent définitivement leur retraite. Leur place est désormais occupée par six jeunes poulains, trois mâles et trois femelles, issus de la ferme pédagogique Il Rosmarino de Marcon.

Cette harde insolite a reçu en concession dix hectares de prairie stable, avec une mission précise: remplacer les tontes artificielles par le pâturage naturel. L’initiative représente l’action pilote du programme européen Central-Bic (Interreg Central Europe 2021-2027), développée en synergie étroite avec le groupe d’action locale Vegal.

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Deux années d’études scientifiques et biodiversité

L’introduction des chevaux n’est pas le fruit d’un coup de improbable, mais l’aboutissement de deux années de recherches sur le terrain menées par les gardes du parc de l’oasi et les chercheurs de l’Université d’Udine. Les scientifiques ont cartographié avec précision l’ancien écosystème de la vallée afin d’identifier la zone de pâturage la plus adaptée. Le projet s’inscrit dans un parcours de régénération écologique déjà lancé en 2024 avec l’installation de nombreuses ruches.

L’action conjuguée des chevaux et des abeilles favorisera l’impollination et la croissance des floraisons sauvages, rétablissant l’équilibre de la biodiversité locale. Comme l’explique le naturaliste Giosuè Cuccurullo, l’objectif n’est pas d’exhiber des animaux de carte postale, mais de permettre à la nature de prendre soin d’elle-même avec discrétion, en intégrant parfaitement le pâturage à la protection de la flore.

Tourisme durable et bien-être animal sans exploitation

La nouvelle gestion de l’Oasis Val Grande conjugue la conservation de l’environnement avec une offre touristique innovante et respectueuse des droits des animaux. Les six poulains vivront dans un état de liberté totale et ne seront jamais montés ni soumis à des formes d’exploitation commerciale, plaçant le bien-être psychophysique du troupeau au sommet des priorités du comité de gestion.

Dans les prochains mois, la structure organisera des rencontres guidées spéciales qui permettront aux visiteurs d’observer le troupeau de près dans son habitat préservé. Ce sera l’occasion d’éduquer le public sur la valeur des services des écosystèmes et de démontrer comment il est possible de remplacer l’impact des engins lourds par la délicatesse de la faune autochtone.

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Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.