L’Organisme de Conservation de la Nature appelle le public à manifester son appui en faveur d’une protection accrue des milieux marins à Hong Kong, dans le cadre de la mise à jour du Plan d’Action et de la Stratégie pour la Biodiversité, qui est désormais ouvert à la consultation publique pour une durée de deux mois.
Le jeudi, l’organisation a lancé un appel au gouvernement hongkongais pour qu’il donne la priorité à la conservation marine ainsi qu’à la restauration des récifs d’huîtres.
Hong Kong est en train de préparer une version actualisée de sa Stratégie et de son Plan d’Action pour la Biodiversité (BSAP), qui doit être finalisée d’ici la fin de 2025. Ce document, initialement élaboré en 2016 et revu tous les cinq ans, sert de guide pour la protection de la biodiversité locale et favorise un développement durable dans la région.
Dans un communiqué publié jeudi, l’organisation Conservancy de la Nature (TNC), qui est la plus grande ONG de conservation internationale, a exhorté le Département de l’Agriculture, de la Pêche et de la Conservation (AFCD) à intégrer des mesures solides visant à protéger et à restaurer les écosystèmes côtiers essentiels — en particulier les récifs d’huîtres — qui figurent parmi les habitats marins les plus menacés à l’échelle mondiale.
Malgré la richesse de la biodiversité marine hongkongaise, qui comprend plus de 5 900 espèces, soit plus d’un quart de toutes celles recensées en Chine continentale, les efforts de conservation en milieu marin restent faibles en comparaison de ceux déployés sur terre. En effet, seulement environ 6 % des eaux marines de Hong Kong bénéficient d’une zone protégée, un chiffre largement inférieur à l’objectif mondial de 30 %. Plusieurs habitats écologiquement importants, tels que les récifs d’huîtres, demeurent en dehors des zones protégées et sont confrontés à des menaces persistantes, notamment dans les eaux de l’ouest.
Les récifs d’huîtres et d’autres coquillages jouent un rôle crucial en apportant de nombreux bénéfices tant pour l’environnement que pour l’humanité : ils contribuent à la production de poissons, à la régulation de la qualité de l’eau et offrent une protection contre l’érosion côtière. Pourtant, au cours des deux derniers siècles, plus de 85 % de ces écosystèmes ont disparu dans le monde. À Hong Kong, une ville majoritairement construite à partir de calcaire extrait d’huîtres, la dredge intensive, l’urbanisation et la création de terres reclaimées ont détruit la majorité des habitats d’huîtres autrefois abondants.
Les récifs d’huîtres qui subsistent aujourd’hui ne sont pas officiellement reconnus comme d’une importance écologique, ils ne bénéficient pas de protections légales et restent donc très vulnérables face à la pêche intensive, aux dégradations et aux projets de reclamation. Cela inclut notamment la proposition d’îles artificielles à Kau Yi Chau, qui n’intègrent pas la protection des récifs coquilliers dans leur étude d’impact environnemental.
Selon Marine Thomas, Directrice adjointe de la conservation à la TNC Hong Kong : « La restauration écologique représente une formidable opportunité pour la nature comme pour l’humanité. Cependant, elle comporte aussi ses défis, c’est pourquoi elle ne peut en aucun cas remplacer la conservation de la nature, ni servir à justifier la destruction ou la dégradation des écosystèmes. »
Avec l’ouverture de la consultation pour la mise à jour du BSAP, c’est une occasion unique pour le public de faire entendre sa voix en faveur de politiques de conservation marine plus efficaces, afin de préserver la santé des eaux hongkongaises, indique la TNC. L’organisation prévoit de soumettre des recommandations officielles à l’AFCD et encourage la population à participer en transmettant leurs avis avant la date limite fixée au 11 juillet.
Les propositions clés de la TNC pour le BSAP
Dans le but d’inverser la perte de biodiversité et de renforcer la résilience des zones côtières, la TNC recommande que la version actualisée du BSAP mette en avant les priorités suivantes :
Étendre les Zones Marines Protégées (ZMP) pour préserver les habitats côtiers
- Augmenter la protection conformément à l’objectif mondial « 30×30 » en désignant de nouvelles ZMP et en mettant en œuvre d’autres mesures efficaces de conservation fondées sur les zones (OECMs).
- Prioriser l’inclusion des zones à haute biodiversité et des habitats sous-représentés, tels que le Sud de Lantau, Tung Chung, le Port de l’abri et la région côtière de Deep Bay.
Initier une restauration à grande échelle des écosystèmes d’huîtres dégradés pour freiner la perte de biodiversité et améliorer la qualité de l’eau
Le Cadre mondial pour la biodiversité 2030 reconnaît que la simple préservation ne suffit pas — la restauration doit être intensifiée afin d’inverser la tendance à la perte de biodiversité. La TNC et l’Université de Hong Kong ont mené des évaluations de faisabilité à l’échelle territoriale, démontrant que la restauration des récifs d’huîtres est à la fois scientifiquement valable et techniquement réalisable. Le principal obstacle réside dans l’accès à des fonds marins appropriés. Pour restaurer ces écosystèmes fondamentaux, il faut :
- Intégrer des stratégies de restauration ciblée dans les plans de gestion des parcs marins.
- Rendre accessibles aux efforts de restauration des fonds marins situés en dehors des zones protégées.
- Lancer des projets de restauration de récifs dans au moins 30 % des baies adaptées d’ici 2030, afin de renforcer la biodiversité, d’améliorer la qualité de l’eau et de consolider la résilience des écosystèmes.
Renforcer la protection légale pour les espèces et habitats en danger
- Créer et tenir à jour une liste des espèces et habitats menacés localement, pour orienter les priorités en matière de conservation. À cet effet, la TNC, en partenariat avec l’Université de Hong Kong, réalise actuellement une évaluation selon la liste rouge de l’UICN pour les écosystèmes de Hong Kong, afin d’obtenir une base scientifique permettant de reconnaître officiellement et de protéger ces habitats en danger.
- Mettre à jour la législation pour établir cette liste, tout en instaurant une protection juridique pour les espèces actuellement non protégées mais en danger, telles que les huîtres et certains poissons marins importants.
- Élaborer des plans d’action spécifiques pour la récupération des habitats en danger, notamment les récifs d’huîtres, via l’agrandissement des zones protégées et la mise en œuvre de restaurations à grande échelle.
Selon Marine Thomas, la Directrice adjointe de la Conservation à la TNC Hong Kong : « La restauration écologique offre une opportunité majeure pour la nature et pour nous tous. Cependant, elle comporte également ses défis, c’est pourquoi elle ne doit en aucun cas s’opposer à la conservation de la nature, ni être utilisée comme justification pour la destruction ou la détérioration des écosystèmes. »
Avec l’ouverture de la phase de consultation relative à la nouvelle version du BSAP, le public a une occasion unique de faire entendre sa voix en faveur de politiques de conservation maritime plus solides, garantissant la santé des eaux de Hong Kong, rappelle l’organisation jeudi. La TNC prévoit de soumettre des recommandations officielles à l’AFCD et encourage la population à exprimer ses opinions d’ici la date limite du 11 juillet.
Les recommandations essentielles de la TNC pour le BSAP
Afin d’inverser la perte de biodiversité et de renforcer la résilience des zones côtières, la TNC propose que la nouvelle version du BSAP se concentre particulièrement sur les points suivants :
Étendre l’aire protégée marine pour préserver les habitats côtiers
- Augmenter la protection en ligne avec l’objectif mondial « 30×30 » en créant de nouvelles Zones Marines Protégées (ZMP) et en appliquant d’autres mesures efficaces de conservation basées sur les zones (OECMs).
- Prioriser l’inclusion de zones à forte biodiversité et d’habitats sous-représentés, comme le sud de Lantau, Tung Chung, Port Shelter et la région côtière de Deep Bay.
Lancer une restauration à grande échelle des récifs d’huîtres dégradés pour freiner la perte de biodiversité et améliorer la qualité de l’eau
Le Cadre mondial pour la biodiversité de 2030 affirme que la conservation seule ne suffit plus — il faut intensifier les actions de restauration pour inverser la tendance de déclin de la biodiversité. La TNC et l’Université de Hong Kong ont réalisé des études de faisabilité à l’échelle du territoire, montrant que la restauration des récifs d’huîtres est à la fois scientifiquement valable et réalisable techniquement. Le principal obstacle réside dans l’accès aux fonds marins appropriés. Pour restaurer ces habitats essentiels, il convient de :
- Intégrer des stratégies de restauration ciblée dans les plans de gestion des parcs marins.
- Rendre accessibles des zones du fond marin hors des zones protégées pour permettre la restauration.
- Mettre en œuvre des projets de restauration des récifs dans au moins 30 % des baies aptes d’ici 2030, afin d’accroître la biodiversité, d’améliorer la qualité de l’eau et de renforcer la résilience des écosystèmes.
Renforcer la protection juridique des espèces et des habitats menacés
- Élaborer et maintenir une liste actualisée des espèces et habitats menacés localement pour orienter les priorités de conservation. À cet effet, la TNC, en collaboration avec l’Université de Hong Kong, travaille actuellement à une évaluation de type Liste Rouge de l’UICN concernant les écosystèmes des récifs d’huîtres à Hong Kong, afin d’obtenir une base scientifique pour une reconnaissance officielle et une protection renforcée de ces habitats en danger.
- Mettre à jour et ajuster la législation pour inscrire officiellement cette liste, tout en étendant la protection juridique aux espèces actuellement non protégées mais en danger, comme les huîtres et certains poissons marins clés.
- Établir des plans d’action spécifiques pour la récupération d’écosystèmes en danger, notamment les récifs d’huîtres, avec la création de zones protégées élargies et la mise en œuvre de restaurations à grande échelle.

Pour conclure, Marine Thomas insiste : « Il s’agit d’une occasion cruciale pour donner votre voix à l’avenir de l’environnement marin à Hong Kong. Nous sommes à un carrefour : si nous agissons dès maintenant, nous pourrons restaurer ces habitats jadis abondants, garantir une eau plus propre, des stocks de poissons en bonne santé et des côtes plus solides pour les générations à venir. Sinon, nous continuerons à détruire nos océans, avec le risque d’atteindre un point de non-retour. »
Pour approfondir la question des récifs d’huîtres et comprendre leur importance pour Hong Kong, la TNC est à l’affiche dans le documentaire City of Shells: Our Forgotten Oyster Reefs, qui explore leur signification écologique, culturelle et historique – ainsi que les opportunités de les restaurer. Le documentaire est disponible en ligne sur www.cityofshells.com.
Enfin, pour soutenir leur engagement, un appel à la donation est lancé avec l’affirmation : Supportez la journalisme environnemental indépendant sur earth.org.