Savez-vous que les manchots représentent le deuxième groupe d’oiseaux le plus menacé dans le monde ? La dégradation de leur habitat naturelle est une source constante de danger, notamment en raison du changement climatique, de la surpêche, des maladies et de la destruction des zones où ils vivent. Pour célébrer la Journée mondiale du manchot 2025, qui chaque année tombe le 25 avril, voici quelques faits intéressants sur les espèces de manchots en danger d’extinction.
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1. Les manchots s’adaptent à des climats variés
Les manchots ne peuvent pas voler, ce qui complique leur défense face aux prédateurs. Leur préférence va donc à des habitats isolés, souvent situés sur des côtes reculées, loin des chasseurs terrestres, ainsi qu’aux zones océaniques. Ces oiseaux aquatiques ont développé une forte capacité à vivre en milieu marin, où ils peuvent passer plusieurs mois d’affilée. Bien que la majorité d’entre eux habitent l’hémisphère sud, de l’Amérique du Sud jusqu’à la Nouvelle-Zélande et l’Australie, deux espèces en danger – le manchot africain et celui des Galápagos – se trouvent au-delà de l’équateur.
2. Ces oiseaux incapables de voler ont évolué pour « voler » sous l’eau
Même si les manchots ne peuvent pas prendre leur envol, ils excellent sous la surface de l’eau. Contrairement à la majorité des oiseaux dotés d’ossements creux et remplis d’air, le corps robuste de ces espèces réduit leur tendance à flotter, ce qui facilite leur nage. Leurs corps ont parallèlement évolué pour résister aux eaux glaciales de l’Antarctique. Leurs plumes épaisses leur offrent une isolation thermique précieuse, mais c’est une glande située près de la base de leur queue qui leur fournit une huile imperméable. Avant de se lancer dans la nage, ces oiseaux badigeonnent leur corps avec cette graisse, leur permettant ainsi de résister au froid extrême.
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3. Outre leur talent de nageurs exceptionnels, les manchots sont aussi d’excellents marcheurs
Les pattes des manchots sont d’une force remarquable, leur permettant d’effectuer des distances équivalentes à deux marathons sur la glace pour rejoindre leur colonie de reproduction. Ils ont développé des muscles puissants qui leur assurent de maintenir leur corps à la température proche de zéro, leur permettant de se protéger du froid. Par ailleurs, leurs pattes sont des alliées précieuses même sous l’eau, où elles leur servent à changer brusquement de direction et à freiner efficacement.
4. Les manchots sont le deuxième groupe d’oiseaux le plus menacé au monde
Malgré leur protection légale contre la chasse et la collecte de leurs œufs, notamment depuis le traité antarctique de 1959, selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), neuf des dix-huit espèces de manchots recensées sont considérées comme en danger ou vulnérables. Trois autres sont proches de devenir menacées. Cela en fait le deuxième groupe d’oiseaux le plus menacé dans le monde, juste après les albatros.
Les menaces qui pèsent sur eux aujourd’hui sont principalement liées au réchauffement climatique et aux modifications des conditions océaniques. La plupart des espèces ne disposent pas des capacités d’adaptation rapides nécessaires pour faire face à ces transformations. Outre la montée du niveau de la mer, les activités humaines telles que les marées noires et la pollution océanique mettent en péril la survie des colonies entières et influencent négativement les générations futures.
Ce n’est pas étonnant, étant donné que par la pêche irresponsable et non durable, des milliers d’oiseaux marins risquent la famine ; la surpêche réduit drastiquement le stock de poissons dont ils se nourrissent, comme les sardines et les anchois.

5. Le manchot d’Afrique, parmi les espèces les plus menacées
Le manchot d’Afrique, que l’on trouve principalement au sud de la Namibie et sur la côte sud-ouest de l’Afrique du Sud, voit sa population diminuer rapidement. En effet, elle a chuté d’environ 70 % en trois générations, passant d’environ 82 000 individus à environ 25 000 aujourd’hui. Actuellement, seuls 2 % de leur population d’origine au début du XXe siècle subsistent.
Les principales menaces pesant sur cette espèce concernent notamment les activités liées à la production d’énergie, comme le forage de pétrole et de gaz, ainsi que l’exploitation minière. La surpêche et la récolte non réglementée des ressources marines aggravent également leur déclin. Des organisations telles que la South African Foundation for the Conservation of Coastal Birds (SANCCOB) travaillent sans relâche pour assurer la survie de cette espèce de plus en plus vulnérable, tout en sensibilisant la population locale à l’importance de préserver leur environnement.
6. Plus de 90 % des manchots empereurs pourraient disparaître d’ici 2100
Les impacts du changement climatique, notamment la fonte des glaces de mer en Antarctique, mettent en danger la survie des manchots empereurs. Des recherches récentes indiquent que plus de 90 % de leur population pourrait disparaître d’ici la fin du siècle.
Classés parmi les espèces les plus vulnérables de cette région, les manchots empereurs dépendent de la banquise attachée au continent pour se reproduire, généralement entre avril et janvier. La rapidité avec laquelle la glace fond dans leur habitat est alarmante. En 2022, la région a connu un niveau record de fonte, aboutissant à une chute sans précédent de la glace de mer.
L’étude précise que cette baisse extrême a coïncidé avec l’échec de reproduction à grande échelle des manchots empereurs pour la première fois. Parmi les cinq sites de nidification en Antarctique, tous, sauf un, ont connu une reproduction totale ou partielle échouée après la rupture de la banquise. Les scientifiques avancent que si le rythme actuel de réchauffement climatique persiste, plus de 90 % de ces colonies seront quasiment éteintes d’ici 2100.
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