Nitrates dans l’eau potable : les limites actuelles nous protègent-elles vraiment contre le cancer ? Alerte de Greenpeace et de 80 organisations

Il limite attuale di 50 milligrammi di nitrati per litro d’acqua è davvero sufficiente a proteggerci? Secondo oltre 80 organizzazioni internazionali impegnate nella tutela della salute, dell’ambiente e dei sistemi alimentari, è arrivato il momento di riesaminarlo.

In occasione della Giornata mondiale One Health di oggi 3 novembre, Greenpeace International, l’International Panel of Experts on Sustainable Food Systems (IPES-Food), la World Organization of Family Doctors (WONCA) e numerose altre organizzazioni hanno inviato una lettera aperta all’OMS per chiedere una revisione urgente delle linee guida internazionali sulla qualità dell’acqua potabile.

Il motivo? Studi pubblicati negli ultimi anni hanno individuato associazioni tra l’esposizione prolungata ai nitrati, anche a concentrazioni inferiori ai limiti attuali, e un maggiore rischio di tumore del colon-retto, esiti avversi della gravidanza e possibili alterazioni della funzione tiroidea.

Pourquoi les nitrates dans l’eau potable peuvent être dangereux

Les nitrates sont des composés de l’azote naturellement présents dans l’environnement. Le problème survient lorsque leurs concentrations augmentent en raison des activités humaines, en particulier l’utilisation excessive d’engrais azotés et la gestion des effluents des élevages intensifs. À travers le sol, ces composés peuvent atteindre les nappes phréatiques et contaminer les ressources utilisées pour produire l’eau destinée à la consommation.

L’actuelle valeur guide de l’OMS, égale à 50 mg/L de nitrates (NO₃⁻), dérive d’un cadre initialement développé pour prévenir la méthémoglobinémie chez les nourrissons, connue aussi sous le nom de syndrome du bébé bleu. Il s’agit d’un état potentiellement grave dans lequel le sang perd part de sa capacité à transporter l’oxygène, particulièrement dangereux chez les nourrissons.

Cette limite a été maintenue dans les guidelines internationales ultérieures et est également prévue par les réglementations européenne et italienne relatives à l’eau destinée à la consommation humaine. Mais la question soulevée aujourd’hui par les organisations concerne surtout les effets de l’exposition chronique à des concentrations plus basses: une eau conforme à 50 mg/L n’est pas automatiquement dépourvue de tout risque sanitaire lié aux nitrates, car la valeur guide n’a pas été élaborée spécifiquement pour prévenir tous les effets à long terme qui font aujourd’hui l’objet de recherches.

Il convient toutefois de préciser que les études épidémiologiques identifient des associations statistiques et ne démontrent pas, à elles seules, une relation causal direct entre chaque pathologie envisagée.

Les études

L’une des recherches les plus significatives a été menée au Danemark et publiée en 2018 dans l’International Journal of Cancer.

Cette étude, fondée sur une vaste cohorte, a relevé une association entre l’exposition aux nitrates dans l’eau potable et un risque accru de cancer du côlon-rectum, même à des niveaux très inférieurs à la limite de 50 mg/L.

Une autre révision systématique avec méta-analyse publiée en 2022 a examiné les preuves disponibles sur la relation entre nitrates, nitrites dans l’eau potable et risque oncologique. Les inquiétudes concernent aussi la santé reproductive. Une revue publiée dans Scientific Reports en 2023 a analysé les études sur les liens potentiels entre l’exposition aux nitrates et des issues défavorables de la grossesse et de la naissance.

Ce sont des résultats qui nécessitent des approfondissements supplémentaires, mais qui, selon la coalition internationale, justifient l’adoption d’une approche plus prudente.

Le Danemark veut abaisser le limite

Alors que sur le plan international on demande une révision des directives, au Danemark, un groupe international d’experts mandaté par le gouvernement a déjà recommandé en 2025 de réduire le seuil des nitrates dans l’eau potable de 50 à 6 mg/L, soit une limite plus de huit fois plus basse que l’actuelle.

Le gouvernement danois s’est ainsi engagé à procéder à une révision de la limite, mais la nouvelle norme n’est pas encore entrée en vigueur. Cela ne signifie pas que l’eau avec des concentrations supérieures à 6 mg/L soit automatiquement dangereuse ou non potable selon la réglementation en vigueur.

Le même Ministère de l’Environnement danois a précisé qu’un dépassement de la valeur recommandée n’entraîne pas pour autant un risque sanitaire aigu. Cette décision représente toutefois un précédent important: elle pourrait pousser d’autres pays européens à réévaluer leurs standards de sécurité.

Comment va la situation en Italie

La question concerne aussi de près l’Italie, en particulier les zones caractérisées par une forte concentration d’activités agricoles et d’élevage. C’est le cas de la Plaine du Pô, où la présence d’élevages intensifs et l’utilisation d’engrais azotés exercent une pression importante sur les ressources hydriques.

L’eau doit donner la vie, pas la menacer. Nous ne pouvons pas protéger la santé humaine sans protéger les rivières et les nappes phréatiques, déclare Simona Savini, responsable de la campagne Agriculture de Greenpeace Italie.

L’association rapporte avoir recueilli ces derniers mois des témoignages de résidents et mené un test pilote sur l’eau potable dans certaines communautés de la Plaine du Pô.

Pour Greenpeace, le problème ne peut pas être traité uniquement par les contrôles sur l’eau distribuée, mais nécessite des interventions sur les principales sources de contamination.

Un aspect particulièrement délicat concerne les délais de pollution: les nitrates provenant des engrais et des rejets d’élevage peuvent mettre des années et, dans certaines conditions, même des décennies, avant d’atteindre les nappes. Cela signifie que les effets des activités agricoles actuelles peuvent continuer à se manifester longtemps, même après l’introduction de mesures visant à réduire la pollution.

La situation est d’autant plus complexe que la crise climatique agit: les sécheresses prolongées et la rareté de l’eau peuvent favoriser la concentration des polluants dans les ressources hydriques, compliquant la vie surtout pour les communautés rurales qui dépendent des eaux souterraines.

En somme, la question n’est pas seulement de déterminer combien de nitrates peuvent être présents dans l’eau que nous buvons, mais d’empêcher qu’ils continuent à s’accumuler dans les nappes phréatiques. Garantir une eau potable sûre signifie intervenir aussi sur ce qui se passe bien avant que cette eau n’arrive à nos robinets: sur les champs, dans les élevages et sur les territoires dont elle provient.

Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.