Les gouvernements du monde ne tiennent pas l’engagement international visant à préserver 30% de l’océan d’ici 2030, selon un nouveau rapport publié avant le sommet COP16 de la semaine prochaine à Cali, en Colombie.
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Moins de deux ans après que les gouvernements ont promis d’accroître la conservation des océans d’ici la fin de la décennie, un nouveau rapport révèle que seulement 2,8% de l’océan mondial seraient « efficacement » protégés.
En décembre 2022, plus de 190 pays ont adopté le cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montreal (GBF) pour sauvegarder la biodiversité mondiale, qui décline à un rythme alarmant. L’un des enseignements les plus marquants de ce cadre est l’objectif 30×30, qui exige que au moins 30% des zones terrestres, des eaux intérieures, et des zones côtières et marines soient « efficacement conservées » ou restaurées à partir d’états dégradés d’ici 2030. Avec 23 objectifs détaillés à atteindre d’ici 2030, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) affirme que ce cadre pour la biodiversité vise à « stopper et inverser la perte de nature ».
Mais de nouvelles données, compilées par un consortium de bailleurs de fonds pour la nature et d’ONG environnementales, révèlent que seulement 2,8% des océans mondiaux seraient vraisemblablement protégés « efficacement », les gouvernements étant fortement en retard pour atteindre leur objectif de 2030.
Seulement 8% des océans mondiaux sont actuellement désignés comme Aires Marines Protégées (AMP), des zones où un État a imposé des limites à l’activité humaine afin de protéger les habitats et les espèces marines pour le bien de l’océan, de la société, de l’économie et de la culture.
Les aires marines protégées restent mal définies et peu mises en œuvre de manière uniforme par les pays du monde, et même ceux qui se sont engagés à une protection « élevée » ou « totale » pourraient ne pas l’appliquer ou la financer de manière à atteindre cet objectif, selon le rapport.
Depuis l’adoption du GBF il y a deux ans, le nombre d’AMP n’a augmenté que de 0,5%. À ce rythme, seulement 9,7% des zones marines mondiales seront protégées, avertit le rapport, bien loin de l’objectif international.
Bien que cet objectif soit international, le GBF ne saurait être atteint sans que tous les pays ne se fixent des objectifs nationaux plus ambitieux, souligne le rapport.
Seize pays seulement ont désigné au moins 30% de leurs eaux comme zones protégées : Monaco (100%); Palau (99%); Royaume-Uni (68%); Kazakhstan (52%); Nouvelle-Zélande (49%); Australie (48%); Argentine (47%); Allemagne (45%); Chili (41%); Colombie (40%); Belgique (38%); France (33%); Seychelles (33%); et les Pays-Bas (32%). Parmi eux, seuls deux pays semblent avoir protégés effectivement plus de 30% de leurs eaux, Palau (78%) et le Royaume-Uni (39%).
Environ 90% des AMP du Royaume-Uni se trouvent dans ses territoires d’outre-mer, qui jouissent de niveaux de protection nettement supérieurs à ceux de ses eaux intérieures. Par ailleurs, moins de 0,1% des eaux intérieures protégées du Royaume-Uni — qui s’étendent jusqu’à 200 milles nautiques des côtes — sont effectivement protégées.
Dans la préface du rapport, l’ancien secrétaire d’État américain John Kerry et l’ancien président du Costa Rica José María Figueres appellent les gouvernements à « agir ensemble avec urgence » pour atteindre l’objectif 30×30.
Le rapport formule cinq recommandations clés pour que les gouvernements renforcent et accélèrent l’action de conservation des océans, telles que la ratification du Traité des Hautes Mers des Nations Unies — le premier traité mondial visant à protéger les hautes mers et à préserver la biodiversité marine, adopté l’an dernier — et le déblocage de financements internationaux suffisants et durables.
Les données inquiétantes ont été publiées à l’approche de la seizième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP16), qui doit s’ouvrir lundi à Cali, en Colombie. Lors de cette conférence, les gouvernements seront appelés à examiner l’état de mise en œuvre du GBF.
Selon le Living Planet Report 2024 du World Wildlife Fund (WWF), publié la semaine dernière, il y a une perte moyenne mondiale de 73% des espèces de mammifères, d’oiseaux, de poissons, de reptiles et d’amphibiens depuis 1970. Cette perte marquée est largement due à la destruction des habitats causée par des activités agricoles non durables.
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