Touriste arrêtée en Sardaigne avec 40 kg de sable, galets et coquillages cachés dans sa voiture: elle les avait volés aux Salines de Stintino

À Porto Torres, lors des contrôles de départ en direction de Toulon, les agents de l’Agence des Douanes et des Monopoles ont interpellé une touriste française de 69 ans, découvrant dans son véhicule plus de 40 kilos de sable, de cailloux et de pierres prélevés illégalement sur les plages de Sardaigne. Le matériel était dissimulé sous les sièges et dans le coffre du véhicule, prêt à embarquer sur le ferry de Corsica Ferries.

Selon les vérifications effectuées, l’ensemble provenait de la plage des Salines de Stintino, l’un des segments côtiers les plus sensibles et connus du nord de l’île. Parmi les objets saisis figuraient aussi de petits cailloux blancs ressemblant à des grains de riz, ainsi que du sable marin et des coquillages prélevés directement sur le rivage.

Les plages sardes protégées par une loi stricte

En Sardaigne, l’enlèvement d’éléments naturels des plages n’est ni une légèreté ni une simple infraction symbolique. Depuis 2017, la loi régionale n°16 est en vigueur, interdisant expressément d’emporter sable, coquillages, sables et galets sans autorisation. Une règle conçue pour protéger un écosystème littoral fragile, constamment menacé par un tourisme incontrôlé.

Pour la touriste, une sanction administrative pouvant aller de 500 à 3 000 euros a été appliquée. Le matériel saisi a été confié aux services douaniers de Porto Torres et, dans les prochains jours, sera réinstallé sur la plage d’origine lors d’une opération de repositionnement organisée conjointement avec les autorités locales.

Un phénomène qui continue d’inquiéter l’île

Ce qui s’est passé à Porto Torres n’est pas un épisode isolé. Chaque année, surtout pendant la saison estivale, les autorités sardes interceptent des voyageurs qui tentent de quitter l’île avec des bouteilles remplies de sable, des sachets de coquillages ou des cargaisons entières de cailloux. Un geste que nombre de personnes considèrent anodin, mais qui, au fil du temps, contribue à appauvrir les plages et à déstabiliser les équilibres naturels du littoral.

Les plages de Sardaigne, célèbres pour leurs teintes très claires et pour la composition unique du sable, constituent un patrimoine environnemental à protéger avec une attention particulière. C’est aussi pourquoi les contrôles dans les ports et les aéroports se sont multipliés, surtout durant les périodes de forte affluence touristique. Et tandis que les objets saisis retourneront bientôt sur la plage des Salines, le message adressé aux touristes devient de plus en plus clair: en Sardaigne, on peut photographier, vivre et admirer la mer, mais il est interdit de l’emporter, même morceau par morceau.

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Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.