La transition énergétique passe aussi par une phrase mal écrite. Par un titre trop commode, par une donnée sortie de son contexte, par un mot vert collé à côté de tout pour la faire paraître meilleure. Avant les installations, les batteries, les communautés énergétiques, les voitures électriques et les chaînes agricoles, il y a toujours quelqu’un qui doit raconter ce qui se passe. Et il peut le faire bien, ou il peut tout transformer en brouillard.
Demain, le 28 mai, à Rome, on parlera précisément de cela. De 9h30 à 18h, dans la Salle Europe de l’Office en Italie du Parlement européen, au Piazza Venezia 11, se tiendront les États Généraux de l’Information Environnementale, une journée consacrée à la façon dont les médias, les institutions, les entreprises, la recherche et la société civile racontent la durabilité, la crise climatique et la transition. Au cœur du rendez-vous se trouvera la présentation du Rapport Eco Media 2025, promu par Pentapolis Institute ETS et Eco in Città, avec la collaboration technique de Volocom.
Le rapport en est à sa douzième édition et s’efforce de figurer une réalité très concrète: quels thèmes environnementaux ont réellement pénétré la presse italienne au cours de l’année écoulée, quelle place leur a été accordée, avec quel angle ont-ils été traités, quels sujets ont réussi à percer le bruit quotidien et lesquels sont restés plus dans l’ombre. Car la durabilité est désormais partout, du moins dans les mots. Le travail le plus difficile commence lorsque l’on doit évaluer si ces mots portent encore du poids.
Les mots pèsent
La matinée s’ouvrira par les mots de bienvenue de Carlo Corazza, directeur du Bureau en Italie du Parlement européen, et par les salutations officielles. Seront présents, entre autres, le ministre de l’Environnement et de la Sécurité Énergétique Gilberto Pichetto Fratin, Maria Alessandra Gallone, présidente de ISPRA, ainsi que des représentants du monde journalistique, éditorial et des relations publiques.
Puis le programme entrera directement dans le sujet le plus ardu: les défis de l’information. Pour en débattre seront Caterina Banella de FERPI, Fabrizio Carotti de FIEG et Alfonso Cauteruccio de Greenaccord. Tout de suite après, à 10h15, Massimiliano Pontillo, président de Pentapolis Institute ETS, et Andrea Franchini, directeur éditorial de Volocom, présenteront le Rapport Eco Media 2025.
Le thème peut sembler technique, presque réservé à des professionnels. Or il concerne quiconque lit un article, regarde un reportage à la télévision, fait défiler une information sur son téléphone et tente de comprendre si un choix est réellement durable ou simplement bien raconté. Environnement, Agenda 2030, Green Deal européen, énergie, mobilité et entreprises ne sont plus des mots de congrès. Ils sont devenus des éléments de la vie quotidienne: factures, transports, courses, travail, villes, santé, territoire.
Énergie et mobilité
Après la présentation du rapport, la matinée se poursuivra avec le panel consacré à l’énergie entre science et industrie, modéré par Agnese Cecchini, directrice de Canale Energia. Interviendront Giorgio Boneschi d’Elettricità Futura, Giulia Monteleone d’ENEA, Nicola Procaccini de la Commission ENVI du Parlement européen et Ermete Realacci, président de la Fondation Symbola.
Ici, la transition énergétique sortira du cadre le plus abstrait et se rendra là où cela devient habituel: dans la recherche, les entreprises, les réseaux, les sources renouvelables, les choix industriels, les temps réels. Bien la raconter signifie éviter deux raccourcis opposés: la promesse miraculeuse et le refus viscéral. Entre les deux, il y a des installations à autoriser, des technologies à faire fonctionner, des territoires à écouter, des investissements à estimer.
À 11h30, ce sera au tour de la mobilité durable, avec un panel animé par Simona Falasca, directrice de GreenMe. E effectueront des interventions Enrico Giovannini, directeur scientifique d’ASviS, Fabio Pressi, président de Motus-E, et Dario Tamburrano de la Commission ITRE du Parlement européen. On prévoit aussi la meilleure pratique de Giovanni Fabi, président de Terravision Electric.
Le terme greenwashing, ici, entre sans détours. Car la mobilité durable est l’un des domaines où le récit peut glisser le plus facilement: il suffit d’un parc automobile électrique en photo, d’une promesse sur la neutralité climatique, d’une campagne bien ficelée. Puis il restent les villes réelles, les transports publics, les voitures privées, les banlieues, les bornes, les coûts, les habitudes et les distances. La durabilité se mesure là, lorsque la théorie rejoint le trottoir.
Le numérique n’est pas neutre
Avant la pause déjeuner, le programme abordera aussi l’innovation numérique au service de la communication journalistique. Interviendront Sergio Bellucci, de l’Université pour la Paix des Nations Unies, la sénatrice Aurora Floridia, Benedetta Scuderi de la Commission Industrie et Recherche du Parlement européen et Silvia Zucco du comité scientifique de la Fondation Italia Digitale. Les meilleures pratiques seront confiées à Giulia Boato, co-fondatrice de TrueBees, et Emilio Misuriello, directeur général d’Esri Italia. La modération sera assurée par Marco Fratoddi, directeur de Sapereambiente.
Le numérique peut apporter énormément au journalisme environnemental: cartes, données, vérifications, images satellites, suivis, outils pour lire les territoires et les transformations. Il peut aussi tout compliquer. L’intelligence artificielle, les images manipulées, les contenus synthétiques et la rapidité des réseaux sociaux ont déjà changé la façon dont une information parvient jusqu’aux gens. Le problème n’est pas d’utiliser ou de rejeter les outils. Le problème, c’est de savoir ce que l’on fait en les utilisant.
Après le buffet de networking et le toast pour les 20 ans de Pentapolis, les travaux reprendront l’après-midi sous la modération d’Alberto Giuffrè de Sky TG24. Seront prévus les salutations officielles de Patty L’Abbate, vice-présidente de la Commission Environnement de la Chambre des Députés, la présentation de la Carta di Pescasseroli avec Guido D’Ubaldo, président de l’Ordine dei Giornalisti del Lazio, et une intervention sur les médias performants pour la biodiversité culturelle avec Carlo Infante d’Urban Experience.
Entreprises, économie circulaire, alimentation
Dans l’après-midi, on parlera aussi des entreprises et des critères ESG avec Daniela Bernacchi, directrice exécutive du UN Global Compact Network Italy, et Alessandra Bucci, conseillère d’Assobenefit. Puis viendra l’économie circulaire dans le cadre de l’Agenda 2030, avec Annamaria Barrile, directrice générale d’Utilitalia, Tommaso Campanile, président du CONOE, Alfonso Pecoraro Scanio, président d’Univerde, et Elena Sironi de la Commission Environnement du Sénat. La meilleure pratique sera celle de Tommaso D’Angelo, business developer chez Adriatica Oli, sous la conduite de Stefano Zago, directeur de TeleAmbiente.
L’économie circulaire peut être expliquée en partant des procédés, des déchets, des matières premières, des filières, des récupérations possibles et des limites réelles. Ou bien elle peut devenir un mot lisse, adapté à n’importe quelle brochure d’entreprise. La différence se joue dans les détails: où va une matière, qui la récupère, combien cela coûte, combien d’énergie il faut, ce qui échappe au cycle.
En fin d’après-midi, l’accent se déplacera sur l’agroalimentaire italien, raconté comme patrimoine mondial. Interviendront Francesco Giardina de Coldiretti Bio, Maria Grazia Mammuccini, présidente de FederBio, Dario Nardella de la Commission Agriculture du Parlement européen et Cinzia Rossi, présidente de la Fondazione Communia. La présentation sera conduite par Antonio Cianciullo, rédacteur en chef d’Ultima Bozza.
L’agroalimentaire, peut-être plus que d’autres secteurs, vit dans un double récit: d’un côté le patrimoine, la qualité, les territoires, les filières; de l’autre crise climatique, sol, eau, prix, travail, pesticides, biodiversité, transformation des consommations. Le raconter uniquement comme une excellence risque de priver de morceaux. Le raconter uniquement comme un problème risque de faire la même chose. Il faut moins de cartes postales et plus de terrain.
La journée se terminera avec le Prix Pentapolis « Journalistes pour la Durabilité » 2026, reconnaissance symbolique attribuée aux professionnels qui se sont distingués dans la vulgarisation des thèmes environnementaux et de la durabilité. Au programme Claudia Conte, présentatrice et contractante Rai, et Marzia Fiordaliso, directrice éditoriale d’Eco in Città.
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