1 500 personnes de plus ont perdu la vie dans 12 villes françaises durant la récente canicule que ce qui aurait été le cas sans l’impact du changement climatique, selon des chercheurs de l’Attribution Météo-Climate de France.
—
Une vague de chaleur exceptionnelle, ayant battu des records, a récemment frappé la France, causant 1 500 décès supplémentaires par rapport à ce qui aurait été observé sans le rôle du changement climatique, conclut une nouvelle étude.
Le groupe de recherche français, spécialisé dans l’attribution d’événements météorologiques extrêmes, a montré que le changement climatique, étroitement lié aux activités humaines, aurait triplé le nombre de morts liés à la chaleur. Ce phénomène a fait augmenter la température des vagues de chaleur jusqu’à 4°C dans une douzaine de grandes villes françaises.
Les chercheurs, issus notamment de l’Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL) et du Centre National de Recherches Météorologiques (CNRM), ont analysé les données de la période du 23 juin au 2 juillet, couvrant plusieurs métropoles françaises telles que Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nice, Lille, Bordeaux, Strasbourg, Nantes, Rennes, Montpellier et Grenoble.
Au total, ce sont 2 300 décès liés à la chaleur qui ont été recensés durant cette période de 10 jours. Parmi ceux-ci, 1 500, soit environ 65 %, n’auraient pas eu lieu si le changement climatique n’avait pas accentué la charge thermique, ont conclu les experts.
Le « tueur silencieux »
La chaleur représente une menace extrême pour la santé humaine, puisque elle perturbe les processus physiologiques visant à refroidir l’organisme.
Les effets de la canicule mettent à rude épreuve notre corps : la chaleur empêche la surveillance normale de la température corporelle, ce qui complique la régulation thermique. Les zones géographiques plus humides aggravent encore la situation, car la transpiration, qui aide à rafraîchir le corps, devient moins efficace lorsque l’humidité est élevée. Ne pas pouvoir se refroidir expose la population à divers risques : complications cardiovasculaires et respiratoires, déshydratation, coup de chaleur, augmentation de la tension artérielle, et troubles du sommeil. Certains de ces états peuvent entraîner la mort si aucune intervention n’est effectuée rapidement.
Bien que personne ne soit totalement à l’abri d’une canicule extrême, certains facteurs comme l’âge, l’état de santé, ou encore la profession et la situation socio-économique, amplifient la vulnérabilité individuelle. Des études indiquent que les femmes, en particulier les femmes enceintes, les enfants et les personnes âgées, sont particulièrement exposées aux risques de développer des symptômes graves liés à la chaleur.
La vague de chaleur du mois dernier a particulièrement touché ces populations vulnérables, comme l’a révélé l’étude de l’Attribution Météo-Climate en France, avec environ 88 % des décès excédentaires chez les personnes de 65 ans et plus.
À l’échelle mondiale, les canicules provoquent chaque année près de 500 000 décès, ce qui en fait l’événement météorologique extrême le plus meurtrier. La chaleur est souvent qualifiée de « tueur silencieux » car il est difficile de recenser précisément les décès liés à la chaleur, surtout dans les pays où la mémoire des chiffres n’est pas systématique ou où les registres sanitaires sont incomplets. La sous-estimation de ces morts demeure donc une réalité.
« Même si quelques décès ont été recensés en France, en particulier dans le sud, il est probable que des milliers de personnes soient mortes à cause de l’intensité de la canicule, sans que leurs morts soient officiellement déclarées comme liées à la chaleur », explique Malcolm Mistry, professeur associé à l’Université de Bordeaux et co-auteur de l’étude.
« La majorité des personnes qui succombent lors de ces épisodes excessifs de chaleur meurent souvent chez elles ou à l’hôpital, lorsque leur corps ne peut plus faire face à la défaillance de leur organisme sous l’effet de la température extrême, combinée à des pathologies préexistantes », ajoute-t-il.
Des températures record battues
La période de canicule a débuté fin juin et a perduré jusqu’en juillet, avec des températures dépassant les 40°C dans plusieurs régions françaises. Elle a cassé des records de chaleur en France, notamment dans le sud, avec des pointes à 46°C dans certains départements, notamment la Gironde et la Vaucluse. La chaleur intense a conduit à des restrictions de travail en extérieur, à la fermeture de plus de 1 300 écoles, ainsi qu’à la mise à l’arrêt de certains réacteurs nucléaires, notamment à Tricastin et dans d’autres centrales, afin de garantir la sécurité. Par ailleurs, elle a alimenté une série d’incendies de forêt dans tout le bassin méditerranéen.
Cette augmentation de l’intensité et de la fréquence des épisodes de températures extrêmes constitue une conséquence directe de notre planète qui se réchauffe sous l’effet des gaz à effet de serre. Ces derniers emprisonnent la chaleur dans l’atmosphère, ce qui augmente la température de la surface terrestre, prolongeant la durée et amplifier les pics de chaleur.
Le mois dernier, la France a connu l’un de ses juin les plus chauds enregistrés, la température moyenne nationale ayant atteint 20,49°C, soit 2,81°C au-dessus de la moyenne de la période 1991-2020, selon les données du Service Copernicus de surveillance climatique de l’Union européenne. La majorité de l’ouest et du centre de la France ont connu des températures plus élevées que la normale, avec notamment des records de chaleur dans plusieurs régions.
La chaleur exceptionnelle a également touché la Méditerranée, où la température de la surface de la mer a atteint un record en juin, avec une moyenne de 27°C, soit 3,7°C au-dessus des valeurs de référence à long terme.
💡 Comment rester en sécurité lors de vagues de chaleur extrêmes
- 💧Hydratez-vous régulièrement : Buvez environ deux litres d’eau par jour, soit une huitaine de verres. En période de forte chaleur, il est conseillé de boire tout au long de la journée et d’uriner environ six à sept fois, ou toutes les deux à trois heures.
- 🍉Mangez équilibré et hydratant : Privilégiez les aliments frais et riches en eau comme la pastèque, les pêches, les fruits rouges, les raisins et les oranges. Incluez aussi des légumes à jus ou des repas liquides comme les soupes. Évitez les plats épicés, qui favorisent la transpiration, et préférez la cuisson au micro-ondes plutôt qu’au four si besoin.
- 💦Pratiquez une activité physique responsable : Si vous faites du sport en extérieur, prenez des pauses à l’ombre ou à l’intérieur pour permettre à votre corps de se refroidir. Habillez-vous avec des vêtements légers, amples, en tissus respirants tels que le coton, le lin, la microfibre ou le polyester. Assurez-vous de bien vous hydrater avant de commencer et lors de l’effort, en buvant toutes les 15-20 minutes, notamment si l’activité dépasse une heure.
- 🌡️Suivez les prévisions météorologiques locales : Consultez régulièrement les bulletins météo ou les alertes officielles, car ils apportent des informations en temps réel et des avertissements concernant les canicules. Les agences météorologiques et les services de gestion des risques mettent souvent à jour ces données sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à les surveiller.
- 📱Utilisez des applications météo : Téléchargez des applications fiables qui peuvent vous alerter en cas de températures extrêmes ou d’événements de chaleur intense dans votre région. Beaucoup proposent aussi des notifications personnalisables pour rester informé en temps réel.
- ❗S’inscrivez aux systèmes d’alertes d’urgence : De nombreuses villes françaises disposent de dispositifs d’alerte communautaire ou de systèmes d’envoi de SMS en cas de catastrophe climatique. Inscrivez-vous pour recevoir ces messages, qui vous avertissent rapidement lors de vagues de chaleur ou autres événements météorologiques extrêmes.
