L’interdiction des forages pétroliers en mer décrétée par Biden s’étend désormais à l’ensemble des eaux côtières des États‑Unis le long de la côte est, au golfe du Mexique oriental, au Pacifique au large des côtes de Washington, de l’Oregon et de la Californie, et à d’autres portions de la mer de Béring nord en Alaska.
—
Le président américain Joe Biden a publié un décret qui interdit de façon permanente tout nouveau développement pétrolier et gazier offshore sur 625 millions d’acres des eaux côtières américaines. Cette mesure intervient à seulement deux semaines de l’entrée en fonction du président élu Donald Trump, un négationniste du climat, qui promet d’élargir la production de combustibles fossiles sur le territoire.
Cette interdiction, qui n’a pas de date d’expiration, concerne l’ensemble des futures concessions pétrolières et gazières dans une zone qui englobe toute la côte est des États‑Unis, le golfe du Mexique oriental, le Pacifique au large des côtes de Washington, de l’Oregon et de la Californie, ainsi que des portions supplémentaires de la mer de Béring nord en Alaska.
« Le président Biden a déterminé que les risques et les dommages environnementaux et économiques qui résulteraient d’un forage dans ces zones dépassent leur potentiel limité en ressources fossiles », indiquait un communiqué de la Maison Blanche.
Le forage offshore soulève des préoccupations environnementales en raison des risques de déversements pétroliers, de destruction d’habitats, de pollution et de dommages possibles pour la vie marine et les écosystèmes côtiers.
Lundi, Trump a écrit sur Truth Social que Biden utilise des « décrets exécutifs coûteux et ridicules sur la fausse Grande Arnaque Verte et d’autres canulars dépensant l’argent » pour entraver la transition présidentielle, bien qu’il n’ait pas explicitement mentionné l’interdiction du forage offshore.
Par ailleurs, la porte‑parole du président élu, Karoline Leavitt, a imputé au « radical left environmental extremists » au sein de l’administration Biden la décision « scandaleuse » et « radicale » d’interdire le forage en mer, action qu’elle a qualifiée de destinée à « infliger une revanche politique » aux électeurs de Trump et à ralentir le mandat de Trump « drill, baby, drill ».
S’exprimant sur une émission de radio après l’annonce, Trump a déclaré qu’il « lèverait immédiatement » l’interdiction, bien que cela puisse ne pas être chose aisée.
Contrairement à de nombreuses mesures exécutives qui peuvent être rapidement annulées, l’interdiction des forages en mer instaurée par Biden s’appuie sur une loi vieille de 72 ans, qui confère à la Maison-Blanche une large autorité pour protéger durablement les eaux américaines contre les concessions pétrolières et gazières, sans prévoir explicitement que les présidents puissent revenir sur ces protections une fois qu’elles sont en place.
Au lieu de cela, annuler l’interdiction exigerait vraisemblablement une action du Congrès, qui est aujourd’hui dirigé par une majorité républicaine mince et divisée.
Avec cette démarche, Biden a désormais protégé, de manière effective, davantage de terres et d’eaux américaines que tout autre président.
« Ma décision reflète ce que les communautés côtières, les entreprises et les baigneurs savent depuis longtemps : forer sur ces côtes pourrait infliger des dommages irréversibles à des lieux qui nous sont chers et ne répond pas à nos besoins énergétiques nationaux. Cela ne vaut pas les risques », a déclaré Biden dans un communiqué. Il a évoqué la nécessité d’éviter des « dommages irréversibles », comme la marée noire de Deepwater Horizon en 2010 dans le Golfe du Mexique, la plus grand déversement d’huile de l’histoire des opérations pétrolières en mer.
En revanche, Trump, qui a répété à plusieurs reprises que le changement climatique est un canular, demeure un ami déclaré de l’industrie des combustibles fossiles, et aurait réclamé, lors d’un dîner de levée de fonds le printemps dernier, 1 milliard de dollars, promettant en échange d’alléger les réglementations environnementales.
Il s’est aussi engagé à revenir sur l’Inflation Reduction Act (IRA) de Biden, la plus grande loi climatique de l’histoire du pays, ainsi que sur plusieurs autres politiques liées au climat. Bien qu’un retour total sur l’IRA soit peu probable, Trump pourrait tenter de modifier les dispositions relatives aux crédits d’impôt qui ne sont pas encore finalisées et qui sont en cours d’élaboration.