Température moyenne de l’air en surface dans le monde en mai : un nouveau record dépassé
En mai dernier, la température moyenne de l’air à la surface de la planète s’est élevée à 15,79°C, ce qui représente une hausse de 0,53°C par rapport à la moyenne de la période 1991-2020, selon les données du service Copernicus, le programme européen d’observation de la Terre.
Un mois historique de chaleur avec des conditions particulièrement sèches en Europe du Nord-Ouest
Le mois de mai a été le deuxième mai le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale. Toutefois, il a été marqué par des conditions de sécheresse extrêmes, notamment dans le nord-ouest de l’Europe. La sécheresse persistante a entraîné des niveaux d’humidité du sol et des précipitations record, les plus faibles depuis au moins 1979, d’après le bulletin mensuel de Copernicus. La sécheresse continue a également provoqué un des plus faibles flux des rivières au cours du printemps depuis le début de la collecte des données en 1992.
Comparaison avec les records et les niveaux de référence
La température moyenne enregistrée en mai, de 15,79°C, se classe comme la deuxième plus élevée pour cette période, seulement 0,12°C en dessous du record établi en mai 2024. Elle est également 0,06°C plus chaude que le troisième mai le plus chaud, celui de 2020, selon les données du système d’observation de la Terre du programme européen Copernicus. Sur le plan mondial, cette température est supérieure de 1,40°C au niveau pré-industriel, défini à partir de la moyenne entre 1850 et 1900 par le même programme.
Une étape symbolique dans le changement climatique
Le mois de mai a également marqué la première fois depuis août 2024 que la température moyenne globale dépasse le seuil de 1,5°C au-dessus du niveau pré-industriel, un objectif clé fixé par la communauté internationale pour limiter le réchauffement climatique. Au-delà de ce seuil, les experts avertissent que des points de basculement critiques pourraient être franchis, entraînant des conséquences dévastatrices et potentiellement irréversibles pour plusieurs systèmes vitaux de la planète. Parmi ces conséquences figurent la montée du niveau de la mer, l’intensification des vagues de chaleur, la force accrue des tempêtes, ainsi que des perturbations des écosystèmes et de la biodiversité.
Les avertissements de la communauté scientifique
Cependant, Carlo Buontempo, directeur du programme Copernicus sur le changement climatique (C3S), a mis en garde contre toute forme de réjouissance face à ce qu’il qualifie de « bref répit pour la planète ». Selon lui, il est peu probable que la limite de 1,5°C sera maintenue longtemps, car la tendance au réchauffement se poursuit. Depuis l’ère industrielle, la planète a déjà connu une augmentation de la température de 1,3°C, et l’Organisation des Nations Unies a récemment indiqué que le monde se dirige vers un réchauffement de 3,1°C si aucune action significative n’est menée.
Les prévisions pour l’avenir
Les températures record de mai réduisent légèrement la probabilité que 2025 devienne l’année la plus chaude de l’histoire, cette chance tombant à environ 8 %. Toutefois, selon l’organisation indépendante de recherche climatique Berkley Earth, il y a encore une chance sur deux que l’année se classe comme la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée.
Une sécheresse persistante en Europe et ailleurs dans le monde
En Europe, notamment en France, le mois de mai a été nettement plus sec que la normale. Les régions du nord et du centre du continent ont souffert de conditions d’aridité extrême, avec des précipitations et une humidité des sols atteignant des niveaux jamais vus depuis le début des relevés. Ces sécheresses prolongées ont engendré des conséquences graves, affectant la disponibilité en eau, l’agriculture et la biodiversité locale.
Ces trois derniers mois ont aussi été exceptionnellement secs dans d’autres parties du monde, notamment sur la côte ouest de l’Amérique du Nord, en Amérique du Sud hors zone tropicale, dans la Corne de l’Afrique, en Asie centrale, en Chine, et au sud de l’Australie. Selon Copernicus, ces tendances de sécheresse s’inscrivent dans un contexte global de changement climatique accéléré.
Une étude récente commandée par l’organisation à but non lucratif WaterAid, qui analyse la situation des 100 villes les plus peuplées dans le monde ainsi que 12 autres métropoles, a révélé que 44 % de ces centres urbains connaissent une tendance à la sècheresse accrue. Parmi eux, Madrid, Barcelone, Paris et Berlin figurent parmi les 20 villes les plus impactées par cette évolution vers des conditions plus arides. La sécheresse devient ainsi une menace grandissante pour de nombreuses régions urbaines, compliquant la gestion de l’eau et la vie quotidienne de millions d’habitants.