Cette revue hebdomadaire vous apporte l’essentiel des actualités climatiques des sept derniers jours, notamment la proposition de la Nouvelle-Zélande visant à interdire les poursuites civiles contre les entreprises polluantes et les risques liés à la chaleur qui pourraient mettre en danger les joueurs lors de la prochaine Coupe du Monde de football.
1. Rapport appelant à une refonte de l’agence fédérale de réponse aux catastrophes ne mentionne le mot « climat » qu’une seule fois
Alors que la crise climatique pousse vers une nouvelle ère de phénomènes météorologiques extrêmes, un nouveau rapport préconise une refonte totale de l’agence fédérale chargée de la réponse américaine face aux catastrophes.
Le rapport, élaboré par un Conseil de révision nommé par le président Donald Trump et publié la semaine dernière, propose des changements d’envergure pour la Federal Emergency Management Agency (FEMA) que des experts avertissent pourraient éroder la capacité du pays à faire face à des catastrophes qui se multiplient à mesure que le changement climatique s’aggrave.
En 2025, ce fut la troisième année la plus marquée par des catastrophes coûtant plus d’un milliard de dollars aux États-Unis. Au total, 23 catastrophes liées au temps et au climat ont causé des dégâts d’au moins un milliard de dollars, ont fait environ 276 victimes et coûté au pays quelque 115 milliards de dollars. Et pourtant, le rapport de 74 pages, qui appelle à des changements majeurs dans les programmes nationaux de gestion des catastrophes, ne contient qu’une unique référence au mot « climat » et ne précise pas comment ces changements répondraient au besoin croissant de systèmes d’intervention d’urgence rapides et efficaces.
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2. Une chaleur extrême devient une « réalité régulière » en Inde et au Pakistan : étude
Une chaleur semblable à une vague de chaleur récente en Asie du Sud est désormais susceptible de se produire environ tous les cinq ans en raison du réchauffement induit par l’homme, selon une nouvelle étude.
Un groupe de chercheurs affiliés à World Weather Attribution a analysé l’impact du réchauffement d’origine humaine sur la vague de chaleur qui a balayé l’Inde et le Pakistan à la fin du mois d’avril et au début du mois de mai. Evénement qui a porté les températures à plus de 46 °C dans plusieurs villes et a causé au moins 37 morts en Inde et 10 à Karachi, la plus grande ville pakistanaise.
Selon les chercheurs, une chaleur extrême d’un tel calibre est trois fois plus probable sur une planète qui se réchauffe que dans le climat préindustriel – et devrait désormais se produire environ tous les cinq ans. Cette situation n’est plus considérée comme un phénomène extrême, mais comme une « réalité régulière », affirme Mariam Zachariah, associée de recherche en météo extrême et en changement climatique à l’Imperial College London et l’une des chercheuses impliquées dans l’étude.
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3. 1 match sur 4 de la Coupe du Monde pourrait se dérouler dans des conditions de chaleur dangereuses, selon une analyse
Les joueurs et les spectateurs devraient probablement faire face à des niveaux dangereux de chaleur et d’humidité pendant une grande partie du prochain tournoi de la Coupe du Monde.
Une équipe de 15 chercheurs du groupe World Weather Attribution a calculé la probabilité que l’ensemble des matchs de la Coupe du Monde FIFA 2026 se jouent lorsque la chaleur dépasse ce que l’union mondiale des joueurs FIFPRO considère comme sûr. 104 matchs sont prévus à partir du 12 juin dans 16 villes hôtes au Canada, au Mexique et aux États‑Unis.
L’analyse, qui a pris en compte les heures réelles des matchs, révèle que la chaleur et l’humidité extrêmes sont bien plus susceptibles d’affecter le tournoi de cette année que celui de 1994 sur le même continent, en raison du changement climatique. Un grand nombre de rencontres sont programmées à l’heure la plus chaude de la journée – midi ou après-midi – où le WBGT est le plus susceptible d’être élevé, en contradiction avec les recommandations de FIFPRO.
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4. La Nouvelle‑Zélande envisage une loi interdisant les poursuites civiles contre les entreprises polluantes
Les entreprises polluantes pourraient bientôt être protégées contre les poursuites civiles en Nouvelle‑Zélande, où le gouvernement prévoit une législation visant à interdire rétroactivement aux particuliers et organisations de poursuivre les entreprises pour leurs émissions nocives au climat.
Le ministre de la Justice, Paul Goldsmith, a annoncé le plan mardi, citant des procédures civiles en cours engagées par le militant climatique Mike Smith contre sept entreprises néo-zélandaises du secteur agricole et de l’énergie à fortes émissions. Le dossier de Smith, qui doit être entendu devant la Haute Cour l’année prochaine, soutient que les émissions des sociétés contribuent au changement climatique et constituent une nuisance publique pour lui et d’autres.
Goldsmith a déclaré que l’affaire « crée une incertitude dans la confiance des entreprises et l’investissement que le Gouvernement doit corriger », alors qu’il présentait un projet de modification de la Climate Change Response Act de 2002. Selon lui, cet amendement « empêcherait le dépôt de responsabilités délictuelles pour des dommages liés au changement climatique, ou des préjudices causés par des émissions de gaz à effet de serre, tant dans les procédures actuelles que futures devant les tribunaux », garantissant que la réponse au changement climatique serait gérée uniquement par le gouvernement et permettant aux entreprises de continuer à attirer des investissements étrangers et à dynamiser la croissance économique.
Greenpeace a dénoncé la proposition comme une « honteuse atteinte au pouvoir exécutif pour aider les pollueurs d’entreprises ». Dans un communiqué, la porte-parole de Greenpeace, Gen Toop, a déclaré que la loi aurait un « effet de refroidissement sur la démocratie » et « établirait un dangereux précédent ».
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Astrid Ménard