Une chaleur extrême et une humidité élevée sont bien plus susceptibles d’affecter le tournoi de cette année que l’événement de 1994 sur le même continent, en raison du changement climatique, selon l’analyse.
Les joueurs et les spectateurs devraient être exposés à des niveaux dangereux de chaleur et d’humidité au cours d’une grande partie du prochain tournoi de la Coupe du Monde.
Une équipe de 15 chercheurs du groupe World Weather Attribution a calculé la probabilité que tous les matchs de la Coupe du Monde FIFA 2026 se déroulent lorsque la chaleur dépasse ce que l’union mondiale des joueurs FIFPRO juge sûr. 104 matchs sont prévus à partir du 12 juin dans 16 villes hôtes au Canada, au Mexique et aux États‑Unis.
L’analyse, qui a pris en compte les horaires réels des matchs, révèle que la chaleur et l’humidité éprouvantes ont bien plus de chances d’affecter le tournoi de cette année que l’événement de 1994 sur le même continent, en raison du réchauffement climatique. Un grand nombre de matchs sont programmés à l’heure la plus chaude de la journée – midi ou après-midi – où un WBGT élevé est le plus probable, contrairement aux recommandations de FIFPRO.
Au total, environ un quart des matchs devraient se dérouler à des températures dépassant 26C WBGT (Wet Bulb Globe Temperature) – une mesure du stress thermique qui prend en compte la température, l’humidité, la vitesse du vent, l’angle du soleil et la couverture nuageuse. Le stress thermique survient lorsque le corps ne parvient pas à se refroidir efficacement, généralement après une exposition prolongée à des températures élevées sans pauses de refroidissement suffisantes. Selon les directives de FIFPRO, un WBGT supérieur à 26C devrait justifier plusieurs pauses de refroidissement d’environ 30 minutes pendant les matchs.
Par ailleurs, environ cinq matchs devraient se dérouler lorsque le WBGT dépasse 28C – équivalent à environ 38C en chaleur sèche, ou 30C en forte humidité. FIFPRO juge ce niveau dangereux et recommande le report ou la postponement des matchs.
Installations inadéquates
Les chercheurs ont également examiné l’adéquation des sites pour atténuer les problèmes liés à la chaleur pendant les matches. Ils ont constaté que seulement trois des 16 sites disposent de la climatisation, et qu’un peu plus d’un tiers des matches présentent au moins une chance sur dix de dépasser 26C WBGT – y compris la finale, le match pour la troisième place et deux quarts de finale – prévus dans des stades en plein air.
Les sites de la Coupe du Monde deviennent de plus en plus inadaptés dans un monde qui se réchauffe. Une étude publiée en 2025, avant le tournoi de cette année, avertissait que 14 des 16 sites hôtes dépassent déjà les « seuils de jeu sûr » pour la chaleur extrême, les précipitations impraticables et les inondations.
La référence « jeu sûr » pour la chaleur extrême est de 35C (95F), qui représente la limite d’adaptabilité humaine face à des chaleurs extrêmes. Une fois ce seuil atteint, le système naturel de refroidissement du corps commence à faillir, ce qui accroît le risque de coup de chaleur et de déshydratation, tant pour les joueurs que pour les spectateurs. Selon le rapport, plusieurs sites de la Coupe du Monde 2026 enregistrent déjà des températures au ou au-delà de ce seuil.
En tête des stades les plus vulnérables au climat en Amérique du Nord se trouvent Miami, Houston, Dallas (États‑Unis) et Monterrey (Mexique), tous confrontés à 100 à 160 jours de chaleur invivable d’ici 2050, ainsi qu’à des inondations éclair, des vents extrêmes et des pénuries d’eau.
La Coupe du Monde 2026 « pourrait être la dernière Coupe du Monde de ce type en [Amérique du Nord] », avertissait l’étude, qui a constaté qu’à mi‑siècle près de 90% des stades hôtes feront face à des conditions de chaleur extrême dangereuses et 11 stades connaîtront une chaleur invivable. « Sans adaptation significative, il est peu probable que les futures éditions en Amérique du Nord suivent le même modèle que 2026 – avec une programmation estivale traditionnelle, les normes d’infrastructure actuelles et des protocoles climatiques minimaux. »
Photo: Wikimedia Commons.
💡Comment rester en sécurité par temps de chaleur extrême
- 💧Restez hydraté·e·s : Buvez environ deux litres d’eau par jour, soit environ huit verres. En conditions de chaleur, les experts recommandent de boire tout au long de la journée et d’uriner environ six à sept fois par jour, soit toutes les deux à trois heures.
- 🍉Mangez des aliments nutritifs : Optez pour des aliments hydratants et frais tels que la pastèque, les pêches, les baies, les raisins et les oranges, ainsi que des légumes pouvant être pressés en jus et des repas liquides comme les soupes. Évitez les aliments épicés, connus pour faire transpirer le corps. Évitez de cuisiner à la maison et privilégiez le micro‑ondes plutôt que le four si c’est nécessaire.
- 💦Faites de l’exercice de manière responsable : Si vous vous entraînez dehors, accordez des pauses à l’ombre ou à l’intérieur pour permettre à votre corps de se refroidir plus rapidement. Portez des vêtements raisonnables, tels que des habits légers et amples fabriqués à partir de tissus respirants, comme le coton, le lin, le bambou, le polyester, le nylon et la microfibre. Hydratez‑vous bien avant l’effort et buvez toutes les 15–20 minutes, surtout lorsque l’activité physique dure plus d’une heure.
- 🌡️Suivez les services météorologiques locaux : Vérifiez régulièrement les services météorologiques locaux ou les chaînes d’information, car ils fournissent des mises à jour et des alertes en temps réel sur les avertissements et conseils liés à la chaleur. Les autorités locales et les agences de gestion des urgences publient souvent des mises à jour opportunes sur les réseaux sociaux, gardez-les donc surveillés.
- 📱Utilisez des applications météo : Téléchargez des applications météo fiables qui fournissent des notifications sur les conditions de chaleur extrême. Nombre de ces applications permettent de régler des alertes pour des événements météorologiques spécifiques dans votre région.
- ❗Abonnez‑vous aux alertes d’urgence : De nombreuses villes ont mis en place des systèmes d’alerte locale ou des programmes d’alertes communautaires auxquels les citoyens peuvent s’inscrire facilement. Ces services envoient souvent des alertes par SMS ou par courriel directement aux résidents lors d’événements météorologiques extrêmes, y compris les vagues de chaleur.