Bosco Ospizio : après l’abattage des arbres, le boycott national est lancé – « Ne faites pas vos courses chez Conad »

Aujourd’hui, le 6 novembre, démarre le boycott des supermarchés Conad, promu par des associations environnementalistes, des comités et des groupes de base qui exigent de mettre fin à la bétonisation de la zone. L’appel, qui a recueilli 45 adhésions, invite les citoyens à ne pas effectuer leurs achats dans les points de vente de la chaîne, à distribuer des tracts et à restituer publiquement les cartes de fidélité.

Une mobilisation qui intervient après des semaines de recours, de manifestations et une décision du Conseil d’État qui, paradoxalement, a donné raison aux requérants sur la nécessité de suspendre d’autres abattages alors que les arbres prévus par le projet avaient déjà été coupés.

Les 98 arbres sont déjà à terre

La question judiciaire est loin d’être résolue. En juillet, le TAR de Parme avait rejeté la demande de suspension des travaux, soutenant qu’il n’existait pas un véritable « bois urbain » dans la zone et prenant en compte les compensations environnementales prévues par le projet.

Legambiente et certains citoyens avaient alors déposé un recours auprès du Conseil d’État, qui, par l’ordonnance n. 4257 du 9 octobre, a accueilli l’appel conservatoire, suspendant les mesures attaquées limitativement à l’abattage de nouveaux arbres et demandant au TAR de se prononcer rapidement sur le fond.

Mais les 98 arbres destinés à être abattus avaient déjà été abattus, comme l’a précisé la même Conad. La décision n’a donc pas arrêté le chantier, qui se poursuit sur la base des autorisations délivrées par la mairie.

Une situation qui soulève une question inévitable : à quoi sert une protection provisoire si elle survient lorsque le dommage qu’elle était censée éviter a déjà été commis ?

@Bosco Ospizio/FB

Pourquoi les associations demandent-elles de boycotter Conad

Le boycott prend naissance dans un appel relayé via le blog La Bottega del Barbieri, initialement promu par 19 entités et soutenu par des dizaines d’associations et de groupes.

Conad a violé son Code Éthique et toute décence. Nous, associations de base signataires, ne croyons pas que cela soit tolérable, écrivent les promoteurs, accusant l’entreprise d’avoir privilégié les intérêts économiques au détriment de la protection du territoire.

L’objectif est de frapper la marque sur le plan commercial, en transformant la protesta locale en une mobilisation nationale des consommateurs. Si l’initiative recueille une adhésion significative, les organisateurs envisagent de la répliquer avant Noël.

Par ailleurs, les associations ne demandent pas seulement d’arrêter les travaux, mais de reconnaître la gravité de la destruction du Bosco Ospizio et de préserver ce qu’il reste de la zone.

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Un bois spontané ne se remplace pas en plantant d’autres arbres

Conad Centro Nord, propriétaire du terrain depuis 2015, défend le projet de réaménagement approuvé par la Commune en 2024. Outre le supermarché, des services publics sont prévus, dont une Maison de la communauté, et des interventions d’éventuelles compensations environnementales avec la plantation de plus de 1 300 arbres.

Mais c’est précisément sur ce point que les écologistes continuent d’insister: un bois spontané n’est pas simplement un ensemble d’arbres, mais un écosystème qui s’est construit au fil du temps, avec un sol vivant, de la végétation, une faune et des fonctions écologiques qui ne peuvent pas être reproduites du jour au lendemain. D’autant plus dans une ville où le vert contribue à atténuer les températures estivales, à absorber une partie des précipitations et à offrir refuge à la biodiversité.

bosco ospizio

@Bosco Ospizio/FB

Et alors que, au niveau européen, on parle de restauration de la nature, dans nos villes, trop souvent, domine l’idée qu’une zone verte peut être sacrifiée puis compensée ailleurs.

Le cas du Bosco Ospizio va donc bien au-delà du destin d’un supermarché, mais concerne la manière dont nous choisissons de transformer les villes et la valeur que nous accordons à la nature lorsqu’elle revient occuper les espaces que nous lui avons retirés.

La bataille juridique se poursuit et le boycott d’aujourd’hui, le 6 novembre, ouvre un nouveau front. Mais une chose est déjà certaine: les nouveaux arbres promis pourront grandir, un jour. Ceux qui ont été abattus ne reviendront pas.

Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.