Mur de collecte d’eau de pluie capable de stocker 1 000 litres sans encombrer le jardin

Un réservoir capable de recueillir 1 000 litres d’eau de pluie, souvent à peine 30 centimètres de profondeur et suffisamment discret pour passer pour une clôture ordinaire. C’est l’idée développée par Harves Technology, entreprise turque qui a transformé la citerne de jardin traditionnelle en un mur modulaire, pensé surtout pour ceux qui disposent de peu d’espace et souhaiteraient éviter d’occuper une grande partie du terrain avec un encombrant conteneur en plastique.

On l’appelle Harves Rainwater Wall et ses dimensions sont assez particulières : 225 centimètres de largeur, 175 de hauteur et seulement 30 de profondeur. Dans cette structure prennent place environ mille litres d’eau, équivalant à cent arrosoirs de dix litres. Une réserve qui peut se révéler utile pendant les périodes les plus sèches, notamment pour ceux qui possèdent un potager, des parterres ou un jardin à irriguer régulièrement.

Comment fonctionne le mur qui collecte l’eau de pluie

Le fonctionnement repose sur un principe déjà connu de ceux qui utilisent les systèmes traditionnels de récupération d’eau pluviale. La pluie qui tombe sur le toit est dirigée par les gouttières et acheminée vers le réservoir.

Avant d’entrer dans la structure, l’eau traverse un filtre qui retient feuilles, sable et autres débris. Une fois accumulée, elle peut être prélevée via un robinet ou utilisée avec une pompe pour alimenter un système d’irrigation. La particularité réside dans la forme. Selon les spécifications publiées par Harves Technology, le réservoir est réalisé en polyéthylène linéaire à basse densité (LLDPE), un matériau plastique résistant, avec des parois d’environ 6–7 millimètres d’épaisseur.

Le fabricant le propose comme alternative aux grands réservoirs cylindriques ou cubiques qui sont habituellement installés près des habitations. Le panneau peut être installé le long d’une façade, près d’une clôture ou utilisé comme séparateur indépendant entre deux zones du jardin. Il existe aussi trois tons de gris, allant de l’anthracite au gris béton, pour s’adapter à l’aspect du bâtiment.

De 1.000 à 5.000 litres, sans occuper tout le jardin

La structure est modulaire : les panneaux peuvent être connectés entre eux afin d’augmenter la capacité de stockage d’eau. Avec deux éléments, on atteint 2.000 litres, avec trois on arrive à 3.000 et avec cinq à 5.000 litres. Une solution intéressante surtout lorsque l’on dispose d’un mur suffisamment long, mais d’une surface libre limitée.

C’est toutefois un détail à prendre en compte avant d’imaginer placer le réservoir au pied de la première clôture disponible : mille litres d’eau pèsent environ une tonne. Le panneau, une fois plein, exerce donc une charge considérable sur le sol et sur les systèmes de soutien. Il faut une base stable et adaptée, des fixations correctement dimensionnées et, dans le cas d’une structure indépendante, des supports appropriés.

Avoir un mur ne signifie pas automatiquement qu’il est capable de soutenir le système. Il faut aussi prévoir les raccordements avec la gouttière et un trop-plein, indispensable lorsque le réservoir atteint sa capacité maximale. Le remplissage dépend aussi des conditions locales. Une toiture de 100 mètres carrés, lors d’une pluie de 10 millimètres, reçoit théoriquement 1 000 litres d’eau. Ce qui peut être récupérable sera moindre en raison des pertes et de l’efficacité de l’installation.

Combien coûte le système Harves Rainwater Wall ?

Le gain d’espace a un prix. Sur le site commercial européen de Harves, le module de 1.000 litres est proposé au prix conseillé de 1.099 euros, TVA comprise à 21 %. La configuration de 2.000 litres coûte 2.149 euros, tandis que celle de 5.000 litres atteint 5.195 euros.

Dans ce montant figurent le panneau, le filtre et les supports standard pour le fixation. Restent à prendre en compte les raccords, l’éventuelle pompe, le transport et l’installation. En ce qui concerne l’aspect économique, une citerne traditionnelle de la même capacité peut coûter sensiblement moins.

Même en supposant une économie de 4 euros par mètre cube d’eau du robinet remplacé, il faudrait environ 275 utilisations complètes de la capacité du réservoir pour récupérer le prix initial de 1.099 euros. Un calcul purement indicatif, qui exclut l’installation, l’entretien et les éventuelles différences tarifaires de l’eau. L’avantage principal demeure donc la possibilité de stocker une bonne quantité d’eau en utilisant un espace qui, autrement, pourrait rester inutilisé.

L’eau récupérée peut-elle être utilisée pour d’autres travaux ?

L’eau de pluie accumulée peut être employée pour irriguer plantes, potager et gazon, mais aussi pour nettoyer outils et meubles de jardin. Étant généralement pauvre en calcaire, elle peut s’avérer utile pour certains travaux de nettoyage extérieurs. Le filtre du réservoir ne rend pas l’eau potable.

Pour d’éventuelles utilisations domestiques, comme l’alimentation des WC, il faut des installations dédiées, séparées du réseau d’eau destinée à la consommation humaine et conformes aux règles en vigueur. Il faut aussi rappeler que la capacité de stockage ne garantit pas une disponibilité continue en période de sécheresse. Une fois les mille litres épuisés, il faudra de nouvelles précipitations pour remplir le réservoir.

Harves Rainwater Wall propose donc une solution concrète à un problème très répandu dans les petits jardins : trouver de l’espace pour collecter l’eau de pluie sans sacrifier l’espace destiné aux plantes ou aux personnes.La citerne traditionnelle reste plus économique. Le mur-citerne, lui, exploite une surface que nous avons souvent déjà à disposition. Il suffit simplement de vérifier qu’elle est adaptée pour soutenir une tonne d’eau.

Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.