Hong Kong, un port mondial face à la montée du niveau des mers et à la préservation de la biodiversité marine
« En tant que hub mondial du transport maritime, ville côtière qui sera de plus en plus impactée par la montée du niveau de la mer, et symbole de biodiversité, abritant près de 26 % de la biodiversité marine de la Chine, Hong Kong est parfaitement consciente que l’océan n’est pas une problématique comme une autre », écrit le consul général de France, Christile Drulhe.
Un rendez-vous international sous le signe de la protection des océans
Du 9 au 13 juin 2025, dans exactement un mois, la France coorganisera avec le Costa Rica la Troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC3). Cet événement de grande importance réunira à Nice une centaine de chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des dizaines de milliers de chercheurs, scientifiques, acteurs économiques, activistes et citoyens issus du monde entier. L’objectif est clair : agir concrètement pour la protection des océans.
Une mobilisation locale pour une problématique mondiale
Le 7 juin, Nice accueillera également le tout premier Sommet sur la montée du niveau de la mer et la résilience des zones côtières. Ce sommet rassemblera des représentants des villes et des collectivités territoriales particulièrement exposées au recul du littoral afin de favoriser l’échange d’informations et la mise en commun des bonnes pratiques dans une démarche collaborative.
L’océan, ressource essentielle en danger
L’océan, qui constitue notre bien commun, est vital à la survie de millions de personnes : un tiers d’entre elles dépendent directement de ses ressources pour leur subsistance. Pourtant, il est aujourd’hui gravement menacé. Selon une étude publiée dans la revue Science, plus de huit millions de tonnes de plastique finissent chaque année dans la mer. Par ailleurs, plus d’un tiers des stocks de poissons subissent une surexploitation, et des phénomènes comme l’acidification des eaux, la montée du niveau des mers et la destruction des écosystèmes marins s’accélèrent, en grande partie à cause du changement climatique.
Agir sans attendre : une nécessité impérative
Il est urgent d’agir. Dix ans après la COP21 et l’Accord de Paris, qui avaient posé un cadre mondial contraignant pour lutter contre le changement climatique, la troisième Conférence des Nations Unies sur l’océan constitue une opportunité historique. Les Accords de Nice sur l’océan pourraient donner naissance à un pacte international pour la conservation et l’utilisation durable des ressources marines.
Financer la protection des océans et encourager une économie bleue durable
Protéger l’océan nécessite des financements publics et privés, ainsi qu’un soutien à une économie bleue axée sur la durabilité. Pour continuer à bénéficier des opportunités économiques offertes par la mer, il est crucial d’assurer le renouvellement des ressources marines. Lors de cette conférence, plusieurs engagements seront annoncés dans les secteurs du commerce maritime, du tourisme, des investissements ou encore de la logistique maritime.
Une connaissance approfondie : un enjeu crucial pour la protection de l’océan
Mais comment préserver ce que l’on ne connaît pas ou peu ? La réponse réside dans l’amélioration de notre compréhension de l’océan, en diffusant plus efficacement ses enjeux. Les scientifiques hongkongais jouent ici un rôle déterminant. Récemment, suite à la réussite du Festival des sciences françaises dédié à l’océan en octobre dernier, nous avons organisé conjointement avec le Département des sciences marines de l’Université de Hong Kong et le Musée maritime de Hong Kong une série de Conférences Blue Talk pour sensibiliser le public à l’impact du changement climatique sur la biodiversité marine. Des intervenants issus du gouvernement, de la société civile et du monde scientifique ont montré un vif intérêt pour la nécessité d’un effort collectif pour sauvegarder nos mers. Il est d’autant plus urgent de s’investir que, aujourd’hui, nous sommes capables de cartographier la surface de la Lune ou de Mars, alors que les profondeurs des océans — qui couvrent 70 % de la planète — restent encore largement inexplorées.
Hong Kong : un acteur clé dans le combat mondial pour la préservation de l’océan
Hong Kong possède une opportunité unique de s’impliquer activement dans la dynamique de la Conférence de Nice. En tant que port mondial, ville côtière confrontée à la montée du niveau des mers, et symbole de biodiversité marine, hébergeant près de 26 % de la biodiversité océanique de la Chine, Hong Kong sait que la question des océans ne peut être traitée comme une problématique ordinaire. La ville peut apporter une contribution précieuse grâce à sa société civile dynamique, ses connaissances scientifiques approfondies sur ses enjeux locaux, sa forte culture philanthropique, ainsi que ses politiques adaptées.
Le plan d’action pour le ravitaillement en carburant maritime vert adopté l’année dernière témoigne de cette volonté, en visant à faire de Hong Kong un centre maritime écoresponsable. Ce sujet sera l’un des axes majeurs des débats lors de la Conférence de l’ONU, avec la participation active de représentants hongkongais issus du gouvernement, des centres de recherche et des entreprises. Ces acteurs ont été invités à partager leur engagement, leur expertise et leurs idées lors des rencontres à Nice.
Un enjeu mondial, une responsabilité partagée
L’océan est un lien universel, essentiel pour notre avenir commun. Il concerne chacun d’entre nous. Ensemble, nous pouvons faire de la troisième Conférence des Nations Unies sur l’océan un tournant décisif pour toute notre planète.
Christile Drulhe est le Consul général de France à Hong Kong et Macao