Trump met fin à l’initiative pour les énergies renouvelables et l’électricité en Afrique

Lancée en 2013 par l’ancien président américain Barack Obama dans le but de soutenir des projets d’énergie renouvelable et d’élargir l’accès à l’électricité, Power Africa opérait sous l’Agence des États‑Unis pour le développement international (USAID), aujourd’hui dissoute.

L’administration Trump a mis fin à un programme phare d’aide étrangère destiné à soutenir des projets d’énergie renouvelable et à accroître l’accès à l’électricité à travers l’Afrique, où plus de 600 millions de personnes — soit 43 % de la population — n’ont toujours pas un accès fiable.

Power Africa opérait sous l’Agence des États‑Unis pour le développement international (USAID), la première cible de premier plan des nouvelles mesures radicales d’austérité budgétaire du Département de l’Efficacité Gouvernementale, dirigé par le milliardaire Elon Musk. Plus de 90 % des programmes d’aide des agences dans le monde ont été radiés depuis que Trump a pris ses fonctions en janvier et environ 1 600 agents fédéraux ont perdu leur emploi en conséquence.

Power Africa a reçu un peu plus d’un milliard de dollars des États‑Unis depuis sa création en 2013, sous l’ancien président Barack Obama. Mais ce financement a permis à lui seul de mobiliser au total 29 milliards de dollars de financement de projets énergétiques par d’autres sources. Cet argent a soutenu le développement des énergies renouvelables — notamment la géothermie, l’hydroélectricité, l’éolien et le solaire — ainsi que la production et la transmission d’électricité à travers le continent.

Il a également contribué à étendre l’accès à l’électricité dans plusieurs pays, et particulièrement en Afrique subsaharienne, où près de la moitié des habitants vivaient encore sans électricité. Lors du lancement du programme en 2013, 62 % de la population n’avait pas accès à l’électricité, selon les données de la Banque mondiale.

Plus de 150 projets énergétiques ajoutant 15 498 mégawatts à la production d’électricité en Afrique ont atteint leur financement définitif, permettant l’accès à l’électricité pour environ 216 millions d’utilisateurs, selon le Center for Global Development. Ces projets ont aussi créé des opportunités d’affaires pour plus de 100 entreprises américaines, avec des accords évalués à 26,4 milliards de dollars.

La plupart des programmes de Power Africa ont été radiés et le personnel licencié, selon Bloomberg. Un porte‑parole du Département d’État a indiqué que seuls les programmes « servant notre nation » — en particulier ceux qui connectent des projets à des entreprises américaines — pourraient être conservés.

Suivi de la politique climatique de l’administration Trump (cliquer pour voir)
  • Les États‑Unis se sont retirés de l’Accord de Paris pour la deuxième fois (Earth.Org)
  • A temporairement suspendu les ventes de concessions éoliennes au large (offshore) et a suspendu l’octroi d’approbations, de permis et de prêts pour les projets éoliens terrestres et offshore (AP)
  • A annulé 78 décrets émis par le président Biden sur divers sujets, notamment le climat et l’environnement, la justice et l’équité, la santé (Sabin Center For Climate Change Law)
  • A abrogé un objectif non contraignant fixé par Biden selon lequel les véhicules électriques (VE) représenteraient la moitié des voitures neuves vendues d’ici 2030 (Reuters)
  • A suspendu un programme d’infrastructures pour véhicules électriques évalué à 5 milliards de dollars et a révoqué l’approbation des plans de recharge des États, en attendant une nouvelle évaluation (Reuters)
  • A renversé une politique de l’administration Biden visant à retirer les plastiques à usage unique — y compris pailles, couverts et emballages en plastique — des services de restauration fédéraux d’ici 2035 (Earth.Org)
  • A révoqué pour 4 milliards de dollars les engagements américains restants envers le Fonds vert pour le climat des Nations Unies, le plus grand fonds climatique mondial (E&E News)
  • A nommé de nombreux anciens du secteur chimique et pétrolier au sein de l’Environmental Protection Agency (The Hill)
  • A abrogé un décret de Biden ayant instauré l’Initiative Justice40, qui imposait aux agences d’acheminer 40 % des « avantages » des programmes climatiques fédéraux vers des « communautés défavorisées ».
  • A interdit à des scientifiques américains de participer aux travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Earth.Org)
  • A ordonné l’expansion des coupes d’arbres sur 280 millions d’acres de forêts nationales et d’autres terres publiques destinées à l’exploitation forestière (The Guardian)
  • A retiré les États‑Unis du conseil du Fonds Loss and Damage des Nations Unies (Earth.Org)
  • A voté contre une résolution des Nations Unies visant à créer une Journée internationale de coexistence pacifique et à réaffirmer l’Agenda 2030 et les Objectifs de développement durable (ODD) (Earth.Org)
  • A retiré les États‑Unis du partenariat phare Just Energy Transition Partnership (JETP) d’une valeur de 45 milliards de dollars, conçu pour aider les pays en développement à abandonner le charbon (Financial Times)
  • L’EPA a suspendu 20 milliards de dollars de subventions liées au climat et à la justice environnementale dans le cadre de l’Inflation Reduction Act (Earth.Org)
  • A signé quatre décrets exécutifs visant à revitaliser l’industrie charbonnière américaine (Earth.Org)
  • A mis fin au financement du US Global Change Research Program, l’organisme qui produit un rapport résumant les impacts de l’augmentation des températures mondiales sur les États‑Unis (The Guardian)

Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.