Actualités climatiques de la semaine (février 2026, semaine 4)

Ce bilan hebdomadaire vous présente les principales actualités climatiques des sept derniers jours, notamment la conclusion des audiences dans l’affaire climatique visant TotalEnergies à Paris et les nouvelles normes affaiblies de l’administration Trump concernant le mercure émanant des centrales à charbon.

1. « Cruauté inutile » : l’EPA de Trump affaiblit les normes limitant le mercure et les toxines atmosphériques émanant des centrales au charbon

À peine quelques jours après avoir annoncé l’abrogation de la conclusion de mise en danger, l’administration Trump a la semaine dernière affaibli une autre réglementation, cette fois relative au mercure et à d’autres polluants atmosphériques toxiques émanant des centrales électriques fonctionnant au charbon.

Vendredi, l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA) a finalisé l’abrogation des amendements instaurés pendant l’ère Biden concernant les Mercury and Air Toxics Standards (MATS), autorisant ainsi les centrales au charbon à émettre davantage de mercure nuisible au cerveau et d’autres métaux lourds dangereux tels que le nickel, le arsenic et le plomb.

Les normes, initialement édictées en 2012 par l’administration Obama, avaient été renforcées et mises à jour par l’administration Biden en avril 2024 afin de refléter les dernières avancées technologiques dans le contrôle de la pollution. Le mercure et les autres métaux lourds visés par cette réglementation sont extrêmement toxiques et présentent des risques graves pour la santé humaine, pouvant causer des dommages importants au système nerveux, au système digestif et au système immunitaire, ainsi qu’aux poumons et aux reins. Ils sont également responsables de dommages environnementaux importants, en empoisonnant poissons et faune lorsque ces substances se déposent dans le sol et dans l’eau.

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2. La Cour suprême des États‑Unis accepte d’examiner la demande de Big Oil visant à rejeter les poursuites climatiques

La Cour suprême des États‑Unis a accepté d’entendre les arguments dans une affaire majeure de tromperie climatique contre le secteur pétrolier, marquant la première intervention de la Cour dans ce type de dossier.

Le litige a été déposé en 2018 par la ville et le comté de Boulder, dans le Colorado. Ils réclament des dédommagements à deux grandes sociétés pétrolières – Suncor Energy USA et ExxonMobil Corporation – pour les dommages liés au changement climatique dont ils estiment avoir souffert, et que les sociétés auraient aggravés.

En mai dernier, la Cour suprême du Colorado a jugé que l’affaire pouvait se diriger vers le procès, validant la décision d’un tribunal d’État selon laquelle le droit fédéral n’emportait pas la préemption des revendications de Boulder, contrairement à ce que soutenaient les défendeurs. En réaction à cette décision, Suncor Energy et Exxon ont interjeté appel auprès de la Cour suprême des États‑Unis, les exhortant à rejeter l’affaire sur la même base: les émissions climatiques relèvent d’une compétence nationale et doivent donc être jugées devant les tribunaux fédéraux – où des litiges similaires ont historiquement été rejetés.

Lundi, les juges ont accepté d’examiner la décision de la Cour suprême de l’État. En accordant la pétition, les juges ont également demandé aux parties si la Cour a l’autorité d’entendre l’affaire.

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3. La cour de Paris entend les arguments dans l’affaire climatique contre TotalEnergies; jugement attendu en juin

Une cour française devrait rendre son jugement en juin dans la première action climatique visant à tenir un géant pétrolier multinational pour responsable de sa contribution au réchauffement planétaire, à l’issue d’une audience de deux jours la semaine dernière.

L’affaire a été déposée en 2020 par une coalition d’autorités locales françaises, accompagnée de cinq organisations locales de la société civile contre TotalEnergies, multinationale basée en France et l’une des six « supermajors » pétrolières mondiales et l’un des 20 plus grands émetteurs historiques de gaz à effet de serre qui réchauffent le climat. Elle remet en cause l’expansion continue de la production de pétrole et de gaz par l’entreprise – les principaux combustibles fossiles qui alimentent le changement climatique aux côtés du charbon – malgré des preuves scientifiques étendues et indiscutables de leur impact sur le climat mondial.

Bien qu’elle se présente comme un « acteur majeur de la transition énergétique », TotalEnergies prévoit d’augmenter sa production d’hydrocarbures de 3 % par an jusqu’en 2030, avec au moins les deux tiers de ses investissements dans les combustibles fossiles. Cela contredit directement le consensus scientifique selon lequel l’arrêt des nouveaux projets de puits de gaz et de pétrole est la seule manière de maintenir vivable l’objectif net zéro compatible avec 1,5 °C.

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Alpine skiing at the 2026 Winter Olympics in Bormio, Italy.

4. L’industrie du sport doit faire face à une baisse de revenus due aux effets climatiques, avertit un rapport

Des défis environnementaux et sanitaires convergents menacent la croissance à long terme de l’industrie sportive évaluée à 2,3 trillions de dollars, avertit un nouveau rapport.

L’étude, publiée fin du mois dernier, identifie deux principaux facteurs de risque. D’une part, l’aggravation des impacts environnementaux – du stress thermique aux phénomènes météorologiques extrêmes et à la pollution – qui « perturbent les compétitions, détériorent l’expérience des spectateurs, limitent le bien-être des communautés et affectent les chaînes d’approvisionnement et les opérations qui soutiennent l’économie sportive au sens large ». D’autre part, la hausse des niveaux d’inactivité physique, en particulier chez les jeunes, risque de se traduire par une participation moindre et une diminution de la demande chez les consommateurs – ce qui menace « les revenus dans l’habillement, les grands événements, le tourisme et la remise en forme ».

Pris ensemble, ces menaces pourraient entraîner une perte de 14 % des revenus annuels – soit environ 517 milliards de dollars – d’ici 2030, et de 18 % – soit 1,6 trillion de dollars – d’ici le milieu du siècle.

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5. Les prairies pourraient diminuer de moitié à mesure que le changement climatique s’intensifie, avertit une étude

D’ici la fin du siècle, les prairies qui soutiennent actuellement 1,5 milliard de bovins, moutons et chèvres dans le monde se contracteront d’entre 36 et 50 % en raison des impacts du changement climatique, selon une nouvelle analyse.

L’Institut Potsdam pour la Recherche sur les Impacts du Climat (PIK), qui a mené l’étude, estime que les effets du changement climatique sur les prairies en Afrique sont particulièrement préoccupants. Puisque les conditions climatiques africaines sont déjà presque extrêmes par rapport à ce que les prairies peuvent supporter, si les émissions mondiales issues de la combustion de combustibles fossiles et d’autres sources venaient à être fortement réduites, les zones de prairies africaines pourraient se contracter d’environ 16 %. Un scénario « business as usual », où les émissions continueraient à augmenter, pourrait entraîner des pertes allant jusqu’à 65 %.

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Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.