Cette récap’ hebdomadaire vous livre les principales actualités climatiques des sept derniers jours, y compris un nouveau rapport des Nations Unies sur l’état du climat et un accord controversé d’un milliard de dollars entre l’administration Trump et le géant pétrolier TotalEnergies.
1. L’ONU confirme que la décennie la plus chaude jamais enregistrée et affirme que la Terre est « poussée au-delà de ses limites »
Un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) révèle que le climat terrestre est plus déséquilibré que jamais dans l’histoire documentée, avec des changements rapides et à grande échelle qui se produisent sur quelques décennies et qui auront des répercussions sur des centaines, voire des milliers d’années.
Dans sa dernière édition du rapport sur l’État du climat mondial, l’agence onusienne confirme que les 11 dernières années (2015–2025) ont été les plus chaudes jamais connues. « Quand l’histoire se répète onze fois, ce n’est plus une coïncidence. C’est un appel à agir », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
Tout comme l’atmosphère, les océans, qui absorbent environ 90% de la chaleur excédentaire des gaz à effet de serre, se réchauffent à un rythme record. Selon le rapport de l’OMM, chacune des neuf dernières années a battu un nouveau record pour la chaleur des océans, et le rythme de réchauffement des deux dernières décennies (2005–2025) est deux fois plus rapide que celui observé entre 1960 et 2005. Il est également ajouté que près de 90% des océans ont connu au moins une vague de chaleur l’an dernier.
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2. Les États‑Unis versent 1 milliard de dollars à TotalEnergies pour abandonner des projets éoliens et réorienter les investissements vers le pétrole et le gaz
Dans une démarche inhabituelle, le Département de l’Intérieur a annoncé lundi qu’il rembourserait à TotalEnergies 928 millions de dollars, soit la somme que le groupe a versée à l’administration Biden pour des baux en eaux fédérales destinés à la construction d’éoliennes offshore au large de New York et de la Caroline du Nord. TotalEnergies, l’un des six « supermajors » pétroliers mondiaux et l’un des 20 plus grands émetteurs historiques de gaz à effet de serre, s’est engagée à réinvestir ensuite cet argent dans des projets pétroliers et gaziers aux États‑Unis, notamment au Texas.
« Ils n’aiment pas que nous développions cette concession éolienne offshore car ils ont des préoccupations liées à la sécurité nationale. Ce n’est pas à moi de décider oui ou non », a déclaré à CNBC le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné.
L’administration Trump avait évoqué des raisons non divulguées de sécurité nationale lorsque cinq autres parcs éoliens le long de la côte Est avaient été ordonnés à l’arrêt en décembre. Des juges fédéraux ont par la suite rejeté les arguments de sécurité nationale et ordonné la reprise des travaux. Un juge a qualifié la suspension d’« arbitraire et capricieuse ».
L’accord controversé survient alors que des attaques américano-israéliennes contre l’Iran, déclenchant un conflit plus large au Moyen‑Orient, ont provoqué la plus grande perturbation de l’approvisionnement en pétrole de l’histoire et alimenté la pire crise énergétique mondiale.
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3. Guerre en Iran: Travail à domicile, augmentation du partage de voitures, voyager moins en avion pour atténuer la crise énergétique, selon l’AIE
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) appelle les consommateurs à participer à l’effort pour atténuer la crise énergétique provoquée par la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
Ce conflit, qui s’est rapidement étendu à d’autres pays du Moyen-Orient, a déclenché la plus grande perturbation de l’offre dans l’histoire du marché pétrolier mondial, a indiqué l’AIE dans un rapport publié vendredi. L’Iran a en effet bloqué les trafics dans le détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes pétroliers les plus fréquentés au monde. Environ 20 à 25% de l’approvisionnement mondial en pétrole y transitent, en faisant un goulet d’étranglement énergétique crucial à l’échelle planétaire.
Cependant, l’agence précise que « les mesures côté offre ne suffiront pas à compenser pleinement l’ampleur de la perturbation », appelant les consommateurs à jouer leur rôle.
Dans son rapport, l’AIE identifie 10 mesures que les gouvernements, les entreprises et les ménages peuvent mettre en œuvre pour faire face à la demande dans les domaines des transports routiers, des déplacements aériens et de l’industrie. Parmi elles figurent le télétravail lorsque c’est possible, la réduction d’au moins 10 km/h des vitesses maximales sur les autoroutes, le passage à la cuisson électrique, l’entretien des véhicules et l’optimisation du chargement afin de diminuer les besoins en gasoil, ainsi que le recours à des alternatives au vol lorsque cela est envisageable.
Mesures immédiates pour réduire la demande recommandées par l’AIE (cliquer pour afficher)
1. Travailler à domicile lorsque c’est possible
Permet de réduire l’utilisation du pétrole liée aux trajets domicile-travail, notamment dans les secteurs compatibles avec le télétravail.
2. Réduire les limites de vitesse sur les autoroutes d’au moins 10 km/h
Des vitesses plus faibles diminuent la consommation de carburant des voitures particulières, des fourgonnettes et des camions.
3. Encourager les transports en commun
Un passage des voitures privées vers les bus et trains peut rapidement réduire la demande de pétrole.
4. Autoriser un accès alterné des voitures privées sur les routes des grandes villes à des jours différents
Des systèmes de rotation des plaques d’immatriculation peuvent réduire les embouteillages et les conduites carburant-intensives.
5. Accroître le covoiturage et adopter des pratiques de conduite efficaces
Un taux d’occupation plus élevé et une conduite éco peuvent diminuer rapidement la consommation de carburant.
6. Conduite efficace pour les véhicules routiers commerciaux et la livraison
Des pratiques de conduite améliorées, un entretien des véhicules et l’optimisation des charges peuvent réduire l’usage de diesel.
7. Détourner l’utilisation du GPL pour le transport
Le basculement des véhicules bi-carburants et convertis du GPL vers l’essence peut préserver le GPL pour la cuisson et d’autres besoins essentiels.
8. Éviter les voyages en avion lorsque des alternatives existent
Réduire les vols d’affaires peut rapidement alléger la pression sur les marchés du carburéacteur.
9. Lorsque c’est possible, passer à d’autres solutions de cuisson modernes
Encourager la cuisson électrique et d’autres options modernes peut réduire la dépendance au GPL.
10. Tirer parti de la flexibilité des matières premières pétrochimiques et mettre en œuvre des mesures d’efficacité et de maintenance à court terme
L’industrie peut aider à libérer le GPL pour des usages essentiels tout en réduisant la consommation de pétrole par des améliorations opérationnelles rapides.
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4. Les pays pauvres feront dix fois plus face à des décès liés à la chaleur que les nations riches d’ici 2050, avertit le rapport
Des chercheurs du Climate Impact Lab estiment que 10 fois plus de personnes pourraient mourir chaque année dans les pays à faible revenu (environ 391 000 personnes) que dans les pays à revenu élevé (environ 39 000 personnes) en raison de l’élévation des températures. Cela s’explique par le fait que les pays moins développés sont moins bien préparés que les pays développés à faire face aux menaces croissantes posées par le changement climatique.
D’ici le milieu du siècle, les décès liés à la chaleur pourraient augmenter de 60 décès ou plus par an pour 100 000 habitants dans des pays comme le Niger et le Burkina Faso, dans la région du Sahel en Afrique — un taux plus élevé que celui du malaria dans le continent actuellement. Dans le sud‑est de la Bolivie, on pourrait observer une augmentation de 30 décès pour 100 000 habitants, équivalant au niveau de mortalité lié au diabète. Et au Pakistan, la mortalité pourrait augmenter de 51 décès pour 100 000 personnes, comparable à la perte de vies due à la tuberculose et à l’AVC aujourd’hui dans le pays.
Les régions plus chaudes comme l’Afrique du Nord, le Moyen‑Orient et l’Asie du Sud‑Ouest devraient connaître davantage de décès, selon l’étude. Des écarts marqués apparaîtront aussi au sein des pays possédant des climats très variés, comme les États‑Unis et la Bolivie. Par ailleurs, certaines zones froides comme l’Alaska, le Canada et le Groenland devraient enregistrer une diminution des décès liés à la chaleur.
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5. « Il a trahi l’agence » : Plus de 160 groupes environnementaux demandent le limogeage de l’administrateur de l’EPA, Lee Zeldin
L’administrateur de l’Environmental Protection Agency (EPA), Lee Zeldin, a « trahi » la mission centrale de l’agence et instauré un programme « dangereux » qui nuit à la santé publique et à l’environnement, selon une lettre ouverte appelant à son limogeage.
La lettre, signée par 163 organisations environnementales et de santé locales et nationales, affirme que Zeldin doit être tenu responsable de ses actions.
Depuis son entrée en fonction en janvier 2025, après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, Zeldin a pris des mesures significatives et souvent controversées qui vont à l’encontre de la mission affichée de l’agence, celle de « protéger la santé humaine et l’environnement », affirme la lettre.
« Aucun administrateur de l’EPA n’a jamais, ni démocrate ni républicain, trahi aussi ouvertement la mission centrale de l’agence. Le but premier de l’EPA est de protéger la santé humaine et l’environnement. Avec l’administrateur Lee Zeldin à la barre, l’EPA a abandonné sa mission, infligeant des dommages qui prendront des décennies à réparer », écrivent les organisations, dont le Sierra Club, Earthjustice, Public Citizen et le US Climate Action Network, dans la lettre.
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