La poursuite remet en question le récent abrogation par l’administration Trump des amendements de l’ère Biden relatifs aux Mercury and Air Toxics Standards pour les centrales électriques, qui permet en pratique aux centrales au charbon d’émettre davantage de mercure neurotoxique et d’autres métaux lourds nocifs tels que le nickel, l’arsenic et le plomb.
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Une coalition de groupes américains œuvrant pour la santé et l’environnement poursuit l’Environmental Protection Agency (EPA) devant les tribunaux à la suite du retrait récent des normes qui limitaient le mercure nuisible au système nerveux, le plomb et d’autres polluants atmosphériques dangereux émanant des centrales à charbon.
La coalition, qui réunit Earthjustice, l’American Lung Association, le Natural Resources Defense Council, l’American Academy of Pediatrics et l’Environmental Law and Policy Center, a déposé la plainte devant la Cour d’appel des États‑Unis pour le circuit du District de Columbia, lundi. L’action porte sur le retrait par l’EPA des amendements de Biden aux Mercury and Air Toxics Standards (MATS), finalisés en février. Cette abrogation permet en pratique aux centrales alimentées au charbon d’émettre davantage de mercure neurotoxique et d’autres métaux lourds nocifs tels que le nickel, l’arsenic et le plomb.
La plainte conteste également le retrait d’une exigence imposant aux centrales électriques de disposer de systèmes permettant de surveiller la quantité de pollution qu’elles émettent conformément aux normes de pollution atmosphérique.
Les normes, initialement édictées en 2012 par l’administration Obama, ont été renforcées et mises à jour par l’administration Biden en avril 2024 afin de refléter les dernières avancées technologiques dans le contrôle de la pollution. Depuis 2015, date à laquelle leur mise en œuvre était exigée, ces normes ont permis une réduction d’environ 90 % des émissions de mercure des centrales électriques par rapport aux niveaux antérieurs aux normes, ainsi que d’autres bénéfices pour la santé, notamment la diminution du risque de cancer, de maladies cardiaques et pulmonaires et de mortalité prématurée. Selon les chiffres de l’EPA cités dans le communiqué de presse de la coalition annonçant la procédure, 93 % de la capacité charbonnière américaine avait déjà satisfait ou était en voie de satisfaire ces normes d’ici l’année dernière.
Le mercure et les autres métaux lourds ciblés par la réglementation sont extrêmement toxiques et dangereux pour la santé humaine, capables de provoquer des dommages sévères au système nerveux, au système digestif et au système immunitaire, ainsi qu’aux poumons et aux reins. Ils sont également responsables de dommages environnementaux importants, empoisonnant poissons et faune lorsqu’ils se déposent dans le sol et dans l’eau.
Dans le communiqué, la coalition a qualifié cette démarche « illégale » et a déclaré que l’absence de normes entraînerait « davantage de crises d’asthme, des visites aux urgences et des décès prématurés ».
« Cette administration ne se contente pas d’assouplir des règles, elle supprime l’infrastructure de surveillance nécessaire pour savoir ce qui sort de ces cheminées en premier lieu. Elle autorise les centrales à rejeter davantage de mercure neurotoxique dans notre air et dans notre chaîne alimentaire, tout en maintenant les communautés les plus exposées dans l’obscurité quant à la gravité de cette menace. C’est une trahison de la mission centrale de l’EPA », peut-on lire dans le communiqué.