Actualités climatiques phares du 18 au 22 novembre 2024

Ce récapitulatif hebdomadaire vous propose les principales actualités climatiques des sept derniers jours, notamment la réunion du G20 à Rio de Janeiro et une nouvelle étude sur l’influence du réchauffement des océans sur les ouragans de l’Atlantique.

1. Le G20 approuve un nouvel objectif de financement du climat lors du COP29 mais omet de mentionner explicitement les combustibles fossiles

Les dirigeants des plus grandes économies mondiales se sont réunis au musée d’art moderne de Rio de Janeiro au cours de la semaine. Cette rencontre de deux jours a couvert un ordre du jour allant des conflits toujours d’actualité à la crise climatique, en passant par la réduction de la pauvreté et la politique fiscale.

Ils se sont mis d’accord pour renforcer le multilatéralisme et accroître le financement du climat « des milliards à des trillions » lors d’une réunion au Brésil, mais ils n’ont pas explicitement abordé les combustibles fossiles qui chauffent la planète.

Publié mardi, le texte final de la déclaration du G20 indique que les pays « accueillent et adhèrent pleinement à l’issue ambitieuse et équilibrée de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique à Dubaï (COP28), en particulier le Consensus des Émirats » sans aborder explicitement l’engagement pris lors du sommet climatique des Nations unies l’année dernière visant à « se tourner vers » des combustibles fossiles.

Ils ont promis un « engagement fort en faveur du multilatéralisme », notamment en ce qui concerne les progrès réalisés sur l’Accord de Paris, lequel le président élu américain Donald Trump s’est engagé à quitter à nouveau.

Les pays du G20 sont en grande partie responsables du réchauffement planétaire, représentant environ 85 % de l’économie mondiale et plus des trois quarts des émissions qui entraînent le réchauffement climatique.

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2. Cinq sociétés chimiques et pétrolières faisant partie de l’Alliance pour mettre fin aux déchets plastiques ont produit 1 000 fois plus de plastique qu’elles n’en ont nettoyé, révèle une analyse

Les membres de l’Alliance pour mettre fin aux déchets plastiques, qui regroupe les plus grandes entreprises pétrolières et gazières mondiales, ont produit plus de mille fois plus de plastique que ce que le programme a permis de nettoyer depuis sa création, révèle une analyse de Greenpeace.

Comme on peut le voir sur le site de l’alliance, le programme a permis d’éviter environ 118 580 tonnes de déchets plastiques non gérés depuis 2019. Ce qu’il ne révèle pas, c’est que seulement cinq sociétés faisant partie du comité exécutif de l’alliance ont produit 132 millions de tonnes de plastique sur la même période. Elles incluent la société chimique Dow et Chevron Phillips, ainsi que les compagnies pétrolières ExxonMobil, Shell et TotalEnergies.

« Il est difficile d’imaginer un exemple plus clair de greenwashing dans ce monde », a déclaré Bill McKibben, militant écologiste, à Unearthed, la publication d’enquêtes de Greenpeace. « L’industrie du pétrole et du gaz – qui est en grande partie la même chose que l’industrie des plastiques – est engagée dans ce genre d’initiative depuis des décennies. »

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3. Le réchauffement des océans a intensifié la vitesse du vent pour toutes les tempêtes atlantiques en 2024, révèle une analyse

Publié mercredi, l’étude conclut que des températures océaniques plus élevées que la moyenne ont renforcé l’intensité des onze tempêtes enregistrées entre juin et novembre, augmentant leurs vitesses maximales de vent soutenu de 9 à 28 mph (14,5 à 45 km/h). Résultat : sept ouragans ont atteint une catégorie supérieure sur l’échelle Saffir-Simpson et deux tempêtes tropicales – Debby et Oscar – se sont renforcées pour devenir des ouragans.

Le réchauffement des océans a rendu des ouragans majeurs comme Hélène (Catégorie 4) et Milton (Catégorie 5), qui ont provoqué au moins 260 morts, plus forts respectivement de 16 mph et 24 mph.

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4. Les environnementalistes réagissent aux choix du cabinet Trump

Des experts du climat, des organisations environnementales et des groupes de plaidoyer réagissent aux nominations proposées par Donald Trump pour son cabinet, qui comprennent des climato-sceptiques, des défenseurs des combustibles fossiles et des personnes dépourvues d’expérience politique.

Le président élu a annoncé vendredi qu’il nommerait le gouverneur républicain Doug Burgum au poste de secrétaire de l’Intérieur et « tsar de l’énergie ». Ce nouveau poste a été créé pour mettre en œuvre les plans ambitieux de l’administration visant à réduire les règles énergétiques et climatiques mises en œuvre sous le président Joe Biden et à accroître la production de pétrole et de gaz sur des millions d’hectares de terres fédérales à travers le pays, y compris dans les parcs nationaux et les refuges fauniques.

Trump, samedi, a annoncé Chris Wright, dirigeant de l’industrie pétrolière et gazière et donateur de sa campagne, comme candidat pour diriger le Département de l’Énergie des États-Unis. Dans un communiqué, Wright a déclaré qu’il était « honoré et reconnaissant » d’être choisi pour diriger ce département.

Wright, défenseur intransigeant de l’utilisation des combustibles fossiles et critique virulent de l’alarme climatique, devrait s’employer à réaliser la promesse de campagne de Trump de « drill, baby, drill » et à effacer bon nombre des plus importantes réussites en matière d’énergie propre de son prédécesseur, en ramenant le département à ses racines dans la production pétrolière et gazière.

Lundi, Trump a déclaré qu’il nommerait l’ancien député républicain Lee Zeldin pour diriger l’Agence de protection de l’environnement (EPA). L’EPA a pour mission de protéger l’environnement du pays, et notamment la santé humaine.

Durant son passage au Congrès de 2015 à 2023, Zeldin n’a soutenu que 14 % des textes clés de la législation environnementale, selon un bilan publié par le groupe environnemental League of Conservation Voters.

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Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.