Fin de la fermeture du gouvernement américain : la faune dans le collimateur

Alors que le Congrès se prépare à rouvrir le gouvernement, après la plus longue fermeture de l’histoire des États‑Unis, des protections essentielles pour la faune et leurs habitats sont en jeu.

La loi sur les espèces en voie de disparition (Endangered Species Act, ESA) et la loi sur la protection des mammifères marins (Marine Mammal Protection Act, MMPA) constituent deux lois phares de la conservation et de la protection animale aux États‑Unis. Ensemble, ces lois protègent plus de 2 500 espèces contre diverses formes de préjudice et peuvent être creditées pour la rémission de plusieurs espèces en danger. Mais de nouvelles propositions menacent d’amenuiser ces deux lois cruciales, exposant des animaux vulnérables à des blessures ou à la mort et les rapprochant de l’extinction. 

Parmi les propositions actuellement examinées par le Congrès, on compte :

  • Éroder la rigueur scientifique dans les décisions relatives à l’ESA. Il est proposé que toute information fournie par les autorités étatiques et locales, ainsi que par les communautés tribales, soutenant ou s’opposant à l’inscription et au retrait d’une espèce, soit automatiquement considérée comme les données les plus pertinentes disponibles; même si ces informations se révélaient fausses. Cela empêchera des organisations expertes comme Born Free USA, qui apportent des retours bien documentés et fondés sur la science concernant les décisions d’inscription, d’être entendues.
  • Retrait de la liste pour les loups gris à l’échelle du pays. Les loups gris ont longtemps été ciblés par ceux qui souhaitent accroître la chasse de cette espèce importante, et leur statut au titre de l’ESA a été instable au fil du temps, les populations étant inscrites et retirées à plusieurs reprises. Ces nouvelles propositions, encore une fois, placent le loup gris sous le feu des tirs.
  • Retrait de la liste des ours grizzly dans l’écosystème élargi de Yellowstone. Si cette proposition aboutit, elle entraînera une augmentation de la chasse des ours grizzlis dans le parc national de Yellowstone et dans les zones environnantes. Les efforts de réintroduction des grizzlis seraient également bloqués.
  • Protection réduite pour les espèces de mammifères marins. Les cétacés – baleines, dauphins et marsouins – perdraient les protections liées à la notion de « prise accessoire ». En termes simples, ces changements réduiraient de manière significative les contrôles sur les niveaux autorisés de mortalité de ces espèces résultant d’actes involontaires – mais prévisibles – tels que les prises accessoires lors de la pêche et/ou les décès dus à d’autres activités, comme l’usage militaire d’explosifs en mer, entre autres pratiques.
  • Protection réduite pour les loutres de mer et les ours polaires. À l’instar des cétacés, les loutres de mer et les ours polaires deviendraient des victimes supplémentaires de la « prise accessoire » lorsque les règles seraient assouplies. Cela conduirait à davantage de décès et à moins de responsabilisation.
  • Augmentation du danger pour les lamantins. Les lamantins, dont la principale cause de mortalité enregistrée est les coups de bateau, verraient leur vulnérabilité augmenter lorsque le contrôle de l’accès des bateaux à leurs aires naturelles serait assoupli. Cela conduirait inévitablement à davantage de blessures et de décès. Même sans modifier la règle, la plupart des lamantins adultes portent des cicatrices dues à des collisions avec des bateaux.
  • Réduction du financement pour l’application de l’ESA. Alors que le carcajou des neiges a été inscrit sur l’ESA en 2023, cette avancée positive risque de perdre son efficacité si le financement consacré à l’application était supprimé.

Voici quelques-unes des modifications inquiétantes proposées, et leurs implications sont vastes et dévastatrices. Elles ne peuvent pas être autorisées à aboutir.

Ensemble, nous devons faire entendre nos voix au Congrès afin de garantir que notre précieuse faune bénéficie d’une protection vitale et que des mesures soient mises en œuvre pour renforcer, et non réduire, les chances de survie.

Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.