Particulièrement pour les enfants, la pollution de l’air peut entraîner de graves complications, leurs corps étant encore en plein développement. Des recherches l’associent à l’asthme et à d’autres maladies respiratoires, au cancer infantile et à des décès prématurés, et elles montrent qu’elle affecte le neurodéveloppement et les capacités cognitives.
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Plus de 100 enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque jour dans toute l’Asie de l’Est et le Pacifique à cause de la pollution de l’air, révèle une nouvelle analyse d’une agence des Nations Unies.
« Chaque souffle compte, mais pour trop d’enfants, chaque respiration peut causer du tort », a déclaré June Kunugi, directrice régionale de l’UNICEF pour l’Asie de l’Est et le Pacifique. L’agence a constaté que l’ensemble des 500 millions d’enfants vivant dans la région est exposé à des niveaux d’air malsains. Parmi eux, 235 millions vivent dans des pays où les niveaux annuels moyens de particules fines (PM2,5) dépassent les seuils jugés sûrs par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de plus de cinq fois.
L’OMS a mis à jour ses directives sur la qualité de l’air en 2021, en fixant comme limite sûre pour la PM2,5 sur 24 heures 15 μg/m³ et sur l’année 5 μg/m³. La PM2,5, issue de la combustion des énergies fossiles, des combustibles issus de la biomasse et des déchets agricoles, est l’unité la plus couramment utilisée dans les mesures de la qualité de l’air. Elle désigne des particules en suspension dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres (environ 3 % du diamètre d’un cheveu humain) et elle est reconnue comme présentant le plus grand risque pour la santé humaine, tout en contribuant aussi à la production des gaz à effet serre qui alimentent le changement climatique.
| Polluant | AQG 2021 |
| Particules fines, µg/m3 | Annuel: 5 24 heures: 15 |
| Ozone, µg/m3 | 8 heures: 100 |
| Dioxyde d’azote, µg/m3 | Annuel: 25 24 heures: 40 |
Pour les enfants en particulier, la pollution de l’air peut engendrer de graves complications, leurs corps étant encore en développement. Des recherches l’ont associée à l’asthme et à d’autres maladies respiratoires, à des cancers infantiles et à des décès prématurés, et elles ont montré qu’elle affecte le neurodéveloppement et les capacités cognitives.
Pollution de l’air à l’intérieur du foyer
Parmi tous les décès liés à la pollution de l’air chez les enfants de moins de cinq ans dans la région Asie et Pacifique, la pollution de l’air en intérieur en serait responsable de plus de la moitié, a indiqué l’UNICEF la semaine dernière.
La pollution de l’air domestique provient de la combustion de combustibles non propres et d’appareils de cuisson et de chauffage alimentés par des énergies solides, qui rejettent des polluants dangereux tels que les oxydes d’azote, le monoxyde de carbone et les particules fines.
Ce type de pollution est lié à l’inégalité et à la pauvreté, à environ trois milliards de personnes utilisant des sources d’énergie sales dans les pays les plus pauvres du monde, en Afrique, en Amérique latine et en Asie du Sud‑Est.
Les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée en raison du temps passé davantage à l’intérieur. Selon une analyse de l’OMS de 2016, les filles vivant dans des ménages dépendants de combustibles non propres perdent environ 20 heures par semaine à réunir du bois ou de l’eau; cela les place en situation de désavantage, tant par rapport aux ménages ayant accès à des sources propres qu’à leurs homologues masculins.
Nulle part, cela n’est sûr
La pollution de l’air est la deuxième cause de mortalité dans le monde après l’hypertension artérielle et le tabac, et elle fait environ 8,1 millions de morts chaque année. Bien que moins de 1 % de la population mondiale soit exposée à une PM2,5 inférieure au seuil sûr de 5 μg/m³, le problème reste particulièrement aigu dans les zones les plus pauvres du monde.
Selon une étude de 2023, les habitants de quatre pays d’Asie du Sud — le Bangladesh, l’Inde, le Népal et le Pakistan — devraient perdre en moyenne environ cinq années de leur vie à cause de la pollution de l’air. Les habitants de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie du Sud présentent un risque nettement plus élevé de mourir à cause de la pollution de l’air extérieure, avec des taux de mortalité environ 100 fois supérieurs à ceux observés en Europe et en Amérique du Nord.
L’étude blâme une série de facteurs, notamment un manque d’infrastructures adéquates et de financement pour faire face aux niveaux élevés de pollution dans certains pays. La plupart des pays d’Asie et d’Afrique, qui réunis environ 92,7 % des années de vie perdues dans le monde en raison de la pollution de l’air, manquent des normes de qualité de l’air essentielles à l’élaboration de politiques adéquates. De plus, seulement 6,8 % et 3,7 % des gouvernements sur les deux continents, respectivement, fournissent à leurs citoyens des données complètes sur la qualité de l’air.
À l’échelle mondiale, la PM2,5 entraîne la perte d’environ 2,3 années d’espérance de vie moyenne par personne – soit un total combiné de 17,8 milliards d’années.