Des responsables de l’EPA ont reçu au moins 1,8 milliard de dollars de l’industrie chimique

L’industrie avait intensifié son lobbying auprès du président Donald Trump dès son arrivée au pouvoir au début de 2025 pour mettre fin au système fédéral de gestion des catastrophes qui protège le pays des catastrophes chimiques telles que les incendies et les explosions dans les installations à haut risque.

Seize responsables nommés par Trump à l’Environmental Protection Agency (EPA) ont été rémunérés à hauteur de plus de 2,8 millions de dollars par des entreprises chimiques et des groupes professionnels cherchant à mettre fin au système fédéral de gestion des catastrophes qui protège le pays des catastrophes chimiques.

Une analyse des divulgations financières réalisée par Citizens for Responsibility and Ethics in Washington (CREW), un organisme de surveillance éthique, a révélé que 23 sociétés chimiques distinctes ont versé à des responsables de l’EPA un total de 1 442 913 dollars sous forme de salaires, de primes, de rémunération pour des services de conseil et juridiques et d’autres paiements avant leur entrée à l’agence. Par ailleurs, huit associations professionnelles de l’industrie chimique ont également versé aux personnes nommées à l’EPA un total d’au moins 1 431 638 dollars. Deux de ces associations – l’American Chemistry Council et l’American Fuel and Petrochemical Manufacturers – ont publiquement soutenu le démantèlement des garde-fous clés contre les urgences et les catastrophes chimiques.

Les deux chiffres représentent probablement une sous-estimation spectaculaire, selon CREW, étant donné que les responsables ne sont pas tenus de divulguer le montant exact gagné auprès d’anciens clients.

Depuis son arrivée au pouvoir au début de 2025, l’industrie a fait pression sur le président Donald Trump pour annuler une règle élaborée sur douze années à l’époque Biden qui renforçait de manière significative le Risk Management Program (RMP), affirmant que ses dispositions seraient trop coûteuses à mettre en œuvre. Le RMP, réglementation relevant de la Clean Air Act, exige des installations manipulant des produits chimiques extrêmement dangereux ou inflammables d’adopter des programmes de sécurité, de prévention et d’intervention d’urgence pour prévenir les libérations accidentelles et protéger les communautés locales et l’environnement des catastrophes chimiques telles que des incendies et des explosions dans des installations à haut risque.


US EPA Administrator Lee Zeldin speaking with attendees at The People's Convention at Huntington Place in Detroit, Michigan.

En février, l’EPA de Trump a annoncé des révisions proposées au programme. La proposition de février prévoyait des modifications qui affaibliraient ou retarderaient de telles protections, comme la suppression des exigences selon lesquelles les installations chimiques industrielles doivent évaluer et planifier les risques liés à des phénomènes naturels et à des pertes d’alimentation, ainsi que les obligations visant à adopter des technologies plus sûres. L’EPA a également proposé de supprimer les obligations de notification communautaire, y compris la diffusion d’informations dans plusieurs langues pour les communautés concernées.

Entre 2004 et 2025, les États‑Unis ont connu en moyenne un accident chimique fatal ou mettant la vie en danger et portant atteinte à l’environnement toutes les 2,5 jours. Ensemble, ces incidents ont causé plus de 5 milliards de dollars de dégâts, selon Earthjustice, une organisation juridique environnementale à but non lucratif. 177 millions d’Américains – soit plus de la moitié de la population des États‑Unis – vivent dans des zones où le scénario le plus défavorable en cas de catastrophe chimique peut se produire.

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Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.