Les émissions de Amazon ont triplé depuis 2019, année où l’entreprise s’était engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2040 pour l’ensemble de ses activités.
En 2024, pour la première fois depuis trois ans, les émissions de la société ont connu une hausse, principalement en raison de la construction de nouveaux centres de données et de la consommation de carburant par ses prestataires de livraison.
L’empreinte carbone de l’un des plus grands détaillants en ligne au monde s’élève à 68,25 millions de tonnes métriques de dioxyde de carbone équivalent (MTCO2e), ce qui représente une augmentation de 6 % par rapport à l’année précédente, selon le dernier rapport de durabilité publié mercredi. Après une période de baisse progressive qui a débuté en 2021, lorsque ses émissions s’élevaient à 71,54 millions de MTCO2e, Amazon connaît désormais une remontée.
Selon le rapport, les principales sources d’émissions directes de l’entreprise proviennent du carburant utilisé par sa flotte de transport et de logistique, ainsi que des réfrigérants employés pour maintenir les bâtiments et les produits à une température adéquate. Par ailleurs, les matériaux de construction utilisés pour ses centres de données et leur édification, ainsi que la consommation de carburant de sa flotte de livraison, représentent la majeure partie des émissions indirectes. La consommation d’électricité pour alimenter les bâtiments et charger les véhicules électriques contribue également à ces émissions indirectes, même si leur impact est moindre.
Pour faire face à cette croissance, Amazon investit massivement dans la construction de centres de données, en particulier alors qu’il augmente le recours à l’intelligence artificielle générative afin d’améliorer l’expérience client.
Mais cette expansion s’accompagne de défis environnementaux importants. La construction de ces centres nécessite des matériaux très énergivores comme le béton et l’acier. De plus, leur fonctionnement exige une consommation énergétique énorme, ainsi que d’importantes quantités d’eau pour leur refroidissement. Amazon reconnait que cela représente « l’un des plus grands défis pour la montée en puissance de l’IA. »
Comme beaucoup de ses concurrents, Amazon tente également de réduire son empreinte carbone en s’approvisionnant de plus en plus en électricité provenant de sources renouvelables et plus propres. En 2019, la société s’était fixée pour objectif d’atteindre la neutralité carbone sur l’ensemble de ses opérations mondiales d’ici 2040. Cependant, depuis lors, ses émissions ont triplé, trahissant l’écart entre l’engagement et la réalité.
Pour réduire leur dépendance aux énergies fossiles, Amazon, ainsi que d’autres géants de la tech comme Google, Meta et Microsoft, ont signé des accords pour accéder à l’énergie nucléaire sans carbone dans les années à venir, afin de soutenir l’expansion de leurs réseaux de centres de données toujours plus énergivores.
Récemment, Google a également annoncé avoir conclu un contrat de 3 milliards de dollars pour bénéficier de l’hydroélectricité provenant des installations de Brookfield Asset Management en Pennsylvanie, dans le cadre d’un effort visant à « faire croître de manière responsable l’infrastructure numérique qui alimente la vie quotidienne pour les personnes, les communautés et les entreprises », indique-t-il. Par ailleurs, la société s’est engagée à investir 25 milliards de dollars dans les centres de données et l’intelligence artificielle à travers la région PJM, la plus grande grille électrique des États-Unis, qui couvre 13 États de l’Est et du Midwest, dont la Pennsylvanie.
D’ici 2040, il est prévu que les émissions de l’ensemble du secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) représenteront plus de 14 % des émissions mondiales, les centres de données et les réseaux de communication étant de loin les plus grands contributeurs à cette empreinte carbone croissante.