Au moins 24 personnes ont perdu la vie suite à une série d’orages dévastateurs qui ont balayé le sud et le centre du Midwest aux États-Unis, provoquant de fortes précipitations, des inondations de rivières et des tornades, entraînant des ordres d’évacuation dans plusieurs États.
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Une étude récente a confirmé que les pluies records qui ont provoqué des crues soudaines au début du mois d’avril dans le sud et le Midwest américains ont été exacerbées par le changement climatique.
Des pluies intenses ont touché la vallée de la rivière Mississippi centrale du 2 au 6 avril, certains secteurs ayant reçu plus de 400 mm d’eau, ce qui constitue un record pour cette région. Par ailleurs, un nombre sans précédent d’avertissements de tornades a été émis durant cette même période.
Ces phénomènes météorologiques extrêmes ont causé des crues brusques et déclenché des alertes d’inondations rapides dans plusieurs États, notamment le Mississippi, l’Arkansas, le Missouri, la Géorgie, l’Illinois, l’Indiana, le Kentucky, le Tennessee et l’Alabama, faisant au moins 24 morts.
Des chercheurs de l’initiative World Weather Attribution, un groupe international qui étudie l’impact potentiel du changement climatique sur les événements météorologiques extrêmes, ont indiqué que le changement climatique avait rendu les précipitations du mois dernier environ 9 % plus intenses. Leur étude d’attribution, publiée jeudi, a également conclu que la température inhabituelle élevée de la mer dans le golfe du Mexique, qui alimentait l’humidité des orages, était environ 14 fois plus probable en raison du changement climatique.
Un atmosphère plus chaude, générée par l’émission de gaz à effet de serre fossiles, peut contenir davantage d’humidité, ce qui entraîne des précipitations plus abondantes. Pour chaque hausse de 1 °C de la température atmosphérique de la Terre, la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère peut augmenter d’environ 7 %. Aujourd’hui, la planète est environ 1,3 °C plus chaude que pendant la période préindustrielle.
L’étude s’est basée sur l’analyse de données météorologiques et de modèles climatiques pour comparer l’évolution des épisodes de précipitations entre le climat actuel et le climat plus frais d’avant la révolution industrielle.
La Rivière Aérienne
Les précipitations d’avril ont été causées par un phénomène météorologique relativement courant dans l’ouest des États-Unis, appelé « rivière atmosphérique ». Agissant comme de vastes autoroutes naturelles, ces courants transportent de gigantesques quantités d’humidité, déclenchant de puissantes tempêtes de neige ou de pluie à leur passage.
Cependant, l’événement du mois dernier a été « exceptionnel », selon Jay Cordeira, chercheur en sciences atmosphériques au Centre pour les extrêmes météorologiques et hydrologiques de l’Ouest, interviewé par CNN. « C’était l’un des plus forts qu’on ait vus. »
Les rivières atmosphériques deviennent de plus en plus fréquentes et transportent davantage d’humidité en raison de la hausse globale des températures. Avec le changement climatique qui progresse, augmentant la température de l’air et des océans, ces courants de jet devraient continuer à s’intensifier en force, en fréquence et en durée. Selon des recherches, les précipitations totales liées à ces rivières en Californie pourraient augmenter de jusqu’à 40 % dans un monde plus chaud.