Les engagements climatiques des pays loin de l’objectif 1,5 °C

Limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C exigera une réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre de 43 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2019. Nous sommes actuellement sur la bonne voie pour les diminuer de 17 % d’ici 2035.

Les engagements actuels de réduction des émissions permettront de ramener les émissions à 17 % en dessous des niveaux de 2019 d’ici 2035, selon un nouveau rapport. Mais le monde demeure nettement éloigné de maintenir le réchauffement climatique global en dessous du seuil critique de 1,5 °C auxquels les dirigeants se sont engagés en signant l’Accord de Paris il y a une décennie.

Publié mercredi par le bras de l’ONU dédié au changement climatique, le dernier Rapport de Synthèse sur les Contributions Déterminées au niveau National (CDN/NDCs) examine les engagements climatiques actuels et les progrès réalisés par rapport aux objectifs fixés par l’Accord de Paris. Les CDN sont des plans climatiques nationaux que chaque signataire de l’accord doit préparer et mettre à jour tous les cinq ans, formant la base des efforts collectifs mondiaux pour lutter contre le changement climatique.

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Pré-COP30

Plus de 130 pays n’ont pas respecté le délai de septembre pour soumettre la dernière série de CDN, y compris certains des plus grands émetteurs mondiaux comme l’Union européenne, l’Iran, l’Afrique du Sud et la Chine. Certains d’entre eux ont promis de le faire avant le sommet COP30 qui se tiendra à Belém, au Brésil, le mois prochain.

Le nouveau Rapport de Synthèse s’appuie sur 64 nouvelles CDN déposées entre janvier 2024 et septembre 2025. Collectivement, elles représentent environ un tiers des émissions mondiales et placent le monde sur la voie d’une réduction des émissions de 17 % par rapport à 2019 d’ici 2035. Les scientifiques affirment que rester dans la limite de 1,5 °C imposerait une réduction des gaz à effet de serre d’environ 43 % d’ici 2030 par rapport à 2019, avec un pic attendu au plus tard en 2025.

« Ce rapport met à nue l’écart inquiétant entre ce que les gouvernements ont promis et ce qui est nécessaire pour protéger les personnes et la planète, » a déclaré Melanie Robinson, Directrice du Programme Global Climat, Économie et Finance, au World Resources Institute.

Le Brésil, l’Australie, le Japon et le Royaume-Uni figuraient parmi les pays dont les engagements climatiques ont été inclus dans le rapport. Les États-Unis ont également soumis un plan lors de l’ère de l’ancien président Joe Biden. Mais il est improbable que l’administration actuelle le mette en œuvre, les responsables de l’administration Trump étant désormais susceptibles de s’abstenir lors du sommet du mois prochain.

« L’humanité incline désormais nettement la courbe des émissions vers le bas pour la première fois, tout en restant encore loin d’être suffisamment rapide », a déclaré Simon Stiell, Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC), mardi. « Nous avons un besoin urgent d’accélérer la cadence. »

Par ailleurs, la directrice générale de la COP30, Ana Toni, a appelé les pays à soumettre leurs CDN mis à jour avant le sommet. « Cela sera crucial pour faire de la COP30 le théâtre d’un moment décisif dans l’histoire du multilatéralisme », a-t-elle affirmé.

Progrès en matière d’adaptation et de genre

Le rapport met en lumière les progrès réalisés dans l’intégration de l’adaptation, de l’égalité des genres et de l’inclusion sociale dans la planification climatique.

En particulier, il a été constaté que 73 % des plans nationaux soumis à l’ONU intègrent désormais des volets d’adaptation. Bien que les financements dédiés à l’adaptation aient augmenté ces dernières années, ils représentent encore moins de 10 % des investissements climatiques mondiaux. La majorité de ces investissements est toutefois dirigée vers des initiatives d’atténuation, telles que les efforts visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre qui réchauffent notre planète.

89 % des plans incluent également des mesures sensibles au genre reconnaissant les impacts différenciés du changement climatique selon les sexes et favorisant l’égalité entre les genres.

Le genre est un axe prioritaire de l’agenda de la COP30, les délégués devant discuter d’un nouveau Plan d’Action Genre. Les axes prioritaires du plan incluent le renforcement des capacités, la gestion et la communication des connaissances, l’équilibre entre les genres, la participation et le leadership des femmes, la cohérence, la mise en œuvre sensible au genre et les moyens de sa mise en œuvre, ainsi que le suivi et le rapportage. En particulier, le plan devrait aborder l’amélioration de l’accès au financement et du financement du genre – y compris le financement du plan lui-même – et la réduction de l’écart des données climatiques spécifiques au genre.

Plus sur le sujet : 40 athlètes d’élite appellent à un financement urgent de l’adaptation à la COP30 face à la menace climatique

Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.