Principales actualités climatiques du 24 au 28 février 2025

Ce récapitulatif hebdomadaire vous apporte les principales informations climatiques des sept derniers jours, en incluant les dernières initiatives de Trump pour freiner les efforts climatiques clés aux États‑Unis et en dehors, ainsi que le nouveau système européen de surveillance météorologique alimenté par l’intelligence artificielle.

1. La guerre devient désormais la principale source des émissions annuelles de carbone de l’Ukraine, avertit un rapport à l’occasion du troisième anniversaire de l’invasion russe

Le conflit en Ukraine est devenu la première source d’émissions de carbone du pays, selon un nouveau rapport publié à l’occasion du troisième anniversaire de l’invasion russe.

Les émissions ont dépassé 230 MtCO2e, soit 230 millions de tonnes équivalent CO2, à la fin de la troisième année de conflit, selon une évaluation menée par l’organisme sans but lucratif Initiative sur la Comptabilité des Gaz à Effet de Serre et la Guerre.

Une équipe de chercheurs attribue cette hausse marquée principalement aux actions militaires, incluant les tanks motorisés, la construction de fortifications, ainsi que la fabrication et l’utilisation d’obus, d’explosifs et de matériel militaire. Ils estiment aussi que l’impact climatique des obus d’artillerie est resté significatif au cours de l’année 2024, malgré l’essor des drones qui constituent une caractéristique majeure du conflit.

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2. Trump met fin à l’initiative américaine visant à dynamiser les projets d’énergies renouvelables et l’électricité en Afrique

L’administration Trump a mis fin à la plupart des projets menés dans le cadre de Power Africa, un programme d’aide étrangère en Afrique où environ 43 % de la population est encore dépourvue d’un accès fiable à l’électricité.

Lanc é en 2013 sous l’égide de l’ancien président Barack Obama, ce programme visait à soutenir les initiatives d’énergies renouvelables et à améliorer l’accès à l’électricité pour plus de 600 millions de personnes. Il fonctionnait sous l’égide de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), aujourd’hui dissoute.

Power Africa avait reçu un peu plus d’un milliard de dollars des États‑Unis depuis sa création. Mais ce financement a permis d’obtenir, en tout, 29 milliards de dollars de financement de projets énergétiques provenant d’autres sources. Plus de 150 projets énergétiques ajoutant 15 498 mégawatts à la production électrique en Afrique ont atteint la clôture financière, permettant l’accès à l’électricité à environ 216 millions d’utilisateurs.

Depuis l’entrée en fonction de Trump en janvier, plus de 90 % des programmes de l’USAID dans le monde ont été supprimés, entraînant la perte d’environ 1 600 emplois de travailleurs fédéraux.

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3. BP augmente ses investissements dans le pétrole et le gaz et abandonne ses objectifs en matière d’énergies renouvelables

La multinationale britannique a annoncé ses plans mercredi, les présentant comme une « réinitialisation stratégique » visant à améliorer les performances et à réduire sa dette nette. Dans le cadre de cette nouvelle stratégie, l’entreprise portera à environ 20 % ses investissements dans le pétrole et le gaz, passant à 10 milliards de dollars par an, et sa production entre 2,3 et 2,5 millions de barils équivalents pétrole par jour d’ici 2030.

Le financement de la transition énergétique — comprenant les renouvelables, l’hydrogène, le biogaz, les biocarburants, les infrastructures de recharge des véhicules électriques et le captage et le stockage du carbone — sera, en revanche, réduit de plus de 5 milliards de dollars pour se situer entre 1,5 et 2 milliards de dollars par an.

L’objectif de réduction des émissions de BP avait été l’un des plus ambitieux du secteur lorsqu’il avait été annoncé en 2020. Or cette semaine, le directeur général de BP, Murray Auchincloss, a déclaré que l’entreprise avait « été trop loin, trop vite » dans sa transition loin des énergies fossiles, et que sa confiance dans les énergies vertes avait été « mal placée », rapporte la BBC.

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4. Le nouveau modèle européen de prévision météo par IA affiche une précision jusqu’à 20 % supérieure aux méthodes conventionnelles

Le Système de Prévision par Intelligence Artificielle (AIFS) représente le premier modèle ouvert de prévision météorologique pleinement opérationnel utilisant l’apprentissage automatique, et il fonctionnera en parallèle avec le Système Intégré de Prévision fondé sur la physique (IFS) traditionnel, a annoncé le Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (ECMWF) dans un communiqué publié mardi. L’agence indépendante, dont le siège est au Royaume‑Uni, a testé le modèle au cours des 18 derniers mois et a constaté qu’il dépassait les prédictions des modèles conventionnels de jusqu’à 20 %.

En dehors d’un taux de précision plus élevé, notamment pour anticiper la trajectoire des cyclones tropicaux 12 heures plus tôt, le système nécessitera environ mille fois moins d’énergie et sera beaucoup plus rapide pour émettre une prévision.

La directrice générale de l’ECMWF, Florence Rabier, a qualifié ce nouveau système de « jalon » qui « transformera les sciences de la météo et les prévisions » et rendra les prévisions mondiales librement accessibles à tous, à tout moment.

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5. Trump retire les États‑Unis d’une importante évaluation climatique mondiale avant une réunion en Chine

Des responsables du département d’État américain n’ont pas pris part à une réunion à Hangzhou, en Chine, cette semaine, où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) doit s’entendre sur les grandes lignes, les échéanciers et le budget de ses prochains rapports — le septième Rapport d’évaluation et le Rapport méthodologique sur les technologies d’enlèvement du dioxyde de carbone, le captage et l’utilisation et le stockage du carbone.

Des sources informées des médias ont indiqué tard la semaine dernière que les plans de voyage de la délégation du Département d’État avaient été refusés. Le président Trump a également ordonné aux scientifiques fédéraux de la NOAA et au US Global Change Research Program de cesser tout travail sur les autres activités liées à l’évaluation climatique du GIEC, selon un porte-parole de la NASA cité par CNN.

Johan Rockström, scientifique de renom international et directeur de l’Institut Potsdam pour l’Impact Climatique en Allemagne, a qualifié cette décision d’« autre comportement américain irresponsable et autodestructeur » qui « portera atteinte à la science et à la société américaines ».

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Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.