Troisième juillet le plus chaud enregistré en France met fin à la série record de vagues de chaleur mondiales

Fin de la série de records de températures mondiales après deux années de chaleur extrême

« Deux ans après le mois de juillet le plus chaud jamais enregistré, la série récente de records de température mondiale touche à sa fin — pour le moment. Mais cela ne signifie pas que le changement climatique a cessé », a déclaré Carlo Buontempo, directeur du Service de changement climatique de Copernicus.

Une série de records de températures mondiale interrompue, mais une menace persistante

Après plusieurs mois de records ininterrompus de températures mondiales, cette tendance s’est arrêtée le mois dernier. Toutefois, les experts mettent en garde : la poursuite des émissions de gaz à effet de serre entraînera encore davantage de records de chaleur et des phénomènes météorologiques extrêmes, parfois catastrophiques.

Le mois dernier, la température moyenne à l’échelle mondiale s’est élevée à 16,68°C, ce qui en fait le troisième mois le plus chaud jamais enregistré à cette période, juste derrière juillet 2023 et juillet 2024, selon le Service de changement climatique de Copernicus. Ce chiffre est également supérieur de 1,25°C à la moyenne pré-industrielle, ce qui représente seulement le quatrième mois au cours des 25 dernières années avec une température inférieure à 1,5°C au-dessus de cette référence. Sur l’ensemble des douze derniers mois, la température globale est restée en moyenne 1,53°C au-dessus des niveaux pré-industriels.

Les seuils critiques de réchauffement climatique

Le seuil critique de 1,5°C, fixé lors de la COP21 de 2015 où 196 pays ont signé l’Accord de Paris, constitue une étape clé. Cet accord engage les nations à limiter le réchauffement mondial à moins de 1,5°C, ou « bien en dessous de 2°C », d’ici la fin du siècle. Dépasser cette limite de façon persistante — sur une période de 20 à 30 décennies — équivaudrait à franchir des points de basculement critiques, risquant de provoquer des conséquences dévastatrices et potentiellement irréversibles pour plusieurs systèmes vitaux de la Terre, essentiels à la préservation d’un climat vivable.

Une nouvelle fin de série de températures record

Malgré cette interruption, certains pays ont quand même connu des températures records le mois dernier.

Le Japon a enregistré son mois de juillet le plus chaud depuis qu’on collecte les données, avec une température moyenne supérieure de 2,89°C à la moyenne de la période 1991-2020 pour cette même période. Le record de température a été battu le 30 juillet dans la région de Hyogo, avec un pic à 41,2°C. Ce record a été dépassé lundi dernier, lorsque 41,8°C ont été enregistrés à Isesaki, dans la préfecture de Gunma.

En Corée du Sud, une série de « nuits tropicales » s’est prolongée pendant 22 jours consécutifs le mois dernier, ce qui en fait la seconde période la plus chaude jamais observée dans le pays.

Les températures élevées la nuit sont particulièrement nuisibles à la santé humaine, car elles empêchent le corps de se remettre du chaud durant la journée. Cela perturbe le sommeil, ce qui peut impacter négativement la santé physique, mentale, la capacité cognitive ainsi que l’espérance de vie, tout en augmentant le risque de maladies et de mortalité. Une étude menée en 2020 par l’Université chinoise de Hong Kong montre que cinq nuits consécutives de températures supérieures à 28°C, qualifiées de « nuits chaudes », augmenteraient le risque de décès de 6,66 %.

Des températures record en Europe, dans les pays nordiques

En Europe, la Finlande, la Suède et la Norvège ont toutes enregistré des températures supérieures à 30°C durant plusieurs journées consécutives, ce qui est exceptionnel pour ces pays nordiques.

« Le réchauffement climatique ne disparaît pas, et il va s’intensifier dans les décennies à venir. L’été 2025 en est une claire illustration », explique Bjørn Samset, chercheur à l’Institut norvégien de recherches climatiques Cicero. La Norvège a connu son jour le plus chaud de son histoire le 16 juillet, avec des températures atteignant 34°C à Meråker, dans la région de Stjørdalen, proche de la frontière suédoise.

Juillet a également été le mois le plus chaud enregistré en Islande, égalant le record de 1933. Le 14 juillet, 70 % des stations météorologiques ont indiqué des températures supérieures à 20°C, avec Hjarðarland, dans le sud-ouest, atteignant un maximum de 29,5°C, soit la température la plus élevée depuis 2008. La température moyenne en juillet en Islande varie généralement entre 10 et 15°C, pouvant parfois dépasser 20-25°C.

« De telles sautes de températures pour battre des records sont extrêmement rares et montrent à quel point il faisait chaud ce jour-là », indique Kristín Hermannsdóttir, responsable des services météorologiques à l’Office météorologique islandais.

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Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.