Les dirigeants du Commonwealth conviennent de préserver les frontières maritimes des nations en difficulté

49 des 56 nations du Commonwealth – anciennes colonies britanniques – possèdent une côte et 25 d’entre elles sont des petits États insulaires en développement menacés par le changement climatique, la montée du niveau des mers, l’augmentation des températures et l’acidité croissante des océans.

Les États du Commonwealth ont adopté samedi leur première Déclaration océanique, alors que des appels à la justice réparatrice pour le trafic transatlantique des esclaves se faisaient entendre de la part de certaines de leurs anciennes colonies britanniques.

La Déclaration océanique d’Apia a été annoncée lors de la dernière journée de la 27e Réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth (CHOGM), qui s’est tenue dans le pays insulaire du Pacifique, Samoa. Elle invite l’ensemble des 56 États du Commonwealth — dont 49 possèdent une côte — à protéger les océans face à des conditions climatiques sévères, à la pollution et à la sur-exploitation.

La démarche s’inscrit dans la suite d’une campagne menée par Tuvalu en vue d’obtenir une reconnaissance du statut d’État de manière permanente au droit international. Outre la montée du niveau des mers, qui menace de déporter 60 % de la population d’ici le milieu du siècle, la petite nation insulaire est de plus en plus frappée par des phénomènes météorologiques de plus en plus fréquents et violents, tels que les cyclones et les surcotes. Ces événements ébranlent davantage l’équilibre délicat des écosystèmes de l’île, rendant la vie des habitants de plus en plus précaire.

En plus de la reconnaissance des frontières maritimes nationales, la déclaration impose la protection de 30 % des océans et la restauration des écosystèmes marins d’ici 2030. Elle appelle également à finaliser « d’urgence » le Traité global sur les plastiques, à ratifier le Traité de la haute mer des Nations Unies, à développer des plans d’adaptation au climat pour les zones côtières et à renforcer le soutien à des économies bleues durables.

« Il est approprié que notre première Déclaration océanique soit adoptée sur le continent bleu du Pacifique, étant donné que le changement climatique a été reconnu comme la plus grande menace unique pour la sécurité et le bien-être de notre peuple », a déclaré Fiame Naomi Mata’afa, la première ministre de Samoa. « L’océan représente 96 % de notre région ; et nous faisons partie des premières régions à subir les impacts du changement climatique de manière la plus immédiate. »


Samoan Prime Minister Afioga Fiamē Naomi Mataʻafa speaks at the opening ceremony of the 2024 Commonwealth Heads of Government Meeting (CHOGM) in Samoa

La Secrétaire générale du Commonwealth, Patricia Scotland, a salué le « progrès incroyable » enregistré depuis l’adoption de la Charte Bleue en 2018, ajoutant que la nouvelle déclaration ouvre la voie à de prochaines réunions internationales, notamment la COP29 qui se tiendra le mois prochain en Azerbaïdjan et la Conférence des Nations Unies sur les océans de l’année prochaine.

« Nous sommes extrêmement fiers de cet accomplissement et nous ne laisserons personne de côté dans notre plaidoyer en faveur d’une protection accrue des océans », a déclaré Scotland.

Astrid Ménard

Astrid Ménard

Formée au journalisme et à l’éthique environnementale, j’écris pour dakorsen.com pour donner une voix à celles et ceux qui, partout en France et ailleurs, œuvrent pour la défense du vivant. À travers mes enquêtes et mes reportages, je cherche à éclairer les enjeux cachés de la crise écologique et à raconter des trajectoires de résistance et d’espoir.